Au programme ce soir, un focus sur les voix qui ont inspiré notre illustre Alain Bashung...

Alain Bashung en 1990
Alain Bashung en 1990 © Getty / Pascal J Le Segretain

Ce soir, ce n’est pas un concert idéal. Mais ça y ressemble. Un récital des chanteurs qu’aimait par-dessus tout celui qui, toute cette semaine, nous a tenu compagnie.

« Elle a tout ce qu’il lui faut, c’est une artiste, elle ne se retourne pas, elle peut prendre l’obscurité à la nuit et peindre le jour en noir », un des poèmes chantés les plus beaux, énigmatiques aussi, de Bob Dylan, « She Belongs to Me ». Une chanson qui figure dans l’album « Bringing It All Back Home », publié en 1965. Le premier où il est revenu au blues et même au rock’n’roll de sa jeunesse après ses débuts de troubadour protestataire armé d’une simple guitare et d’un porte-harmonica. « She Belongs to Me », une chanson que Bashung avait reprise dans son album de 1991 Osez Joséphine.

Osez Joséphine a représenté pour Bashung une rupture radicale avec la direction qu’il avait prise dans la seconde moitié des années quatre-vingt : un son machinique, imprégné des sonorités dites industrielles et grinçantes d’un certain rock alternatif. Je suis tombé sur une très intéressante interview qu’il avait donnée cette année-là aux Inrockuptibles, je la cite : «  j'ai longtemps privilégié l'approche dissonante. Elle me semblait alors idéale pour traduire ce que je ne tenais pas, par ailleurs, à expliciter par des mots. A savoir le chaos qui pouvait me noyer la vie. Mais aujourd'hui, en 1991, donc, je trouve ce chaos musical pléonastique. Déjà que les infos à la télé, on dirait un synthé qui brille. Je ne voulais donc plus raconter les choses comme ça, à la limite de la paraphrase. Entre l'événement musical et la communication poétique, j'ai donc tranché. Et privilégié cette dernière. Ça me semblait plus important. » Ce qui a signifié un retour à ce qu’il avait aimé dans sa jeunesse : les sons du rock’n’roll, du blues et de la country ou du folk. D’où le voyage à Memphis. Alors les sons et les instrumentations des musiques traditionnelles américaines, oui. Mais aussi les grandes voix et le phrasé associés à ces genres. Bashung a fait aussi une déclaration très intéressante dans cette interview, je la cite : « Il y a trois musiciens que je garde toujours en tête ou dans le ventre : Serge Gainsbourg, Buddy Holly et Bob Dylan. » Buddy Holly dont Bashung, dans Osez Joséphine, a repris le magnifique « Well All Right », après tant d’autres, dont Eric Clapton.

Programmation musicale :

  • Bob Dylan – “She Belongs to Me”
  • Buddy Holly – “Well... All Right”
  • Waylon Jennings – “Luckenbach, Texas (Back to the Basics of Love)”
  • Wille Nelson – “Blue Eyes Crying in the Rain”
  • Kris Kristofferson – “Sunday Mornin' Comin' Down”
  • Leonard Cohen – “Suzanne”
  • Johnny Cash – “Hurt”
  • Gram Parsons – “Love Hurts”
  • Nilsson – “Without Her”
  • Scott Walker – “It's Raining Today”
  • Bashung – “La Nuit je mens”
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