De la chaleur dans Very Good Trip avec les plus grandes voix du blues et de la soul. Ce soir, au programme que des voix féminines. Honneur aux pionnières !

La chanteuse Big Mama Thornton en concert, vers 1965.
La chanteuse Big Mama Thornton en concert, vers 1965. © Getty / Val Wilmer / Redferns

Cette émission est une rediffusion du 15 février 2015. 

« Hound Dog », ça veut dire chien de chasse, ça remonte à 1952 et c’était la voix de Big Mama Thornton. 

Beaucoup de choses à dire sur cette chanson, sans doute une des plus connues de l’histoire du rock’n’roll. D’abord, Big Mama Thornton portait bien son nom puisqu’elle pesait, paraît-il, plus de 120 kilos. Née en 1926, elle avait appris la musique, comme beaucoup de chanteuses et chanteurs noirs américains, à la chorale du temple baptiste où son père était pasteur, dans le sud de l’Alabama rural. 

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À quatorze ans, elle était obligée de gagner sa vie en nettoyant les crachoirs -eh oui, ça existait encore- dans une taverne de la ville de Montgomery. Alors quand une troupe de music-hall est passée par là, celle qui s’appelait encore Willie Mae n’hésite pas à tout lâcher pour se faire engager. Il faut dire que cette force de la nature sait faire plein de choses : chanter comme Bessie Smith, son modèle, jouer de l’harmonica et même de la batterie. Et aussi faire des blagues avec le public, qu’elle fait, paraît-il, plier de rire grâce à son franc-parler. 

Quand, quelques années plus tard, elle s’installe à Houston, la grande cité portuaire du sud du Texas, elle devient vite une grosse attraction -sans mauvais jeu de mots- dans les boîtes de nuit locales. Un entrepreneur local, Don Robey, cherche alors à la lancer au moyen d’un enregistrement. Mais il faut trouver une chanson à la mesure de sa personnalité. Pas facile. Alors il fait appel à Johnny Otis, un musicien californien qui comprend la révolution qui est en train de se produire. Ce jeune chef d’orchestre jazz swing vient de réduire la formation de son big band et y intégrant une guitare blues, et pose de cette manière les bases d’un nouveau style très populaire qu’on appelle, dès les années 1940, le rhythm’n’blues. 

Rhythm’n’blues qui va bientôt ouvrir la voie au rock’n’roll. Et c’est là que l’histoire devient inattendue. Johnny Otis a repéré deux gamins de dix-neuf ans, blancs comme lui, passionnés de jazz comme de blues, qui composent des chansons. Ils s’appellent Jerry Leiber et Mike Stoller. Il leur a fait rencontrer Big Mama Thornton qui, avec sa voix rauque, son bagout et, surtout, les cicatrices qui lui parcourent le visage, lacéré à coups de rasoir, les fascine et les intimide. Et les inspire aussi. Parce que, en un quart d’heure, ils improvisent une chanson pour elle. 

Selon le témoignage  de Jerry Leiber, c’est lui qui trouve le rythme en tambourinant sur le capot de sa voiture. « Hound Dog », à la lettre, ça veut dire chien de chasse, mais en argot noir américain du sud, ça désigne un gigolo, un homme qui vit aux crochets des femmes, quoi.

  • Big Mama Thornton : « Hound Dog » extrait de la compilation « Hound Dog – The Essential Collection » 
  • Ruth Brown : « Sweet Baby of Mine » extrait de la compilation « The Very Best of Ruth Brown » 
  • LaVern Baker : « Jim Dandy » extrait de la compilation « The Platinum Collection » 
  • Mitty Collier : « My Babe » extrait de la compilation « Shades of Mitty Collier – The Chess Singles 1960-1968 » 
  • Wynona Carr : « Please Mr. Jailer » extrait de la compilation « The Female Little Richard (Best of) » 
  • Sugar Pie DeSanto : « Soulful Dress » extrait de la compilation « Go Go Power – The Complete Chess Singles 1961-1966 » 
  • Etta James : « I Just Want to Make Love to You » extrait de la compilation « At Last… The Best of Etta James » 
  • Darlene Love : « (Today I Met) the Boy I’m Gonna Marry » extrait de la compilation « The Very Best of Darlene Love » 
  • Timi Yuro : « Hurt » extrait de la compilation « The Very Best of Timi Yuro » 
  • Laura Lee : « Dirty Man » extrait de la compilation Artistes divers « The Chess Collection » 
  • Fontella Bass : « Rescue Me » extrait de la compilation « The Very Best of Fontella Bass » 
  • Aretha Franklin : « I Never Loved a Man (The Way I Love You) » extrait de la compilation « Respect – The Very Best of Aretha Franklin » 
  • Candi Staton : « Here I Am Again » extrait de l’album « The Best of Candi Staton » 
  • Mavis Staples : « Losing You »  extrait de l’album « You Are Not Alone » 
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