Un concert rêvé par vous, par Michka Assayas, cadeau ce soir !

Talking Heads avec Jerry Harrison, Chris Frantz, David Byrne et Tina Weymouth en 1980.
Talking Heads avec Jerry Harrison, Chris Frantz, David Byrne et Tina Weymouth en 1980. © Getty / Chris Walter/WireImage

"(...)« Road to Nowhere », une chanson des Talking Heads qui figure dans un album paru en 1985 et qui s’appelait Little Creatures. Un disque enregistré à New York, comme aux débuts du groupe, et qui a marqué un retour à la simplicité des premières années. Quand on écoute ces chœurs, cet accordéon, ce rythme chaloupé, on ne peut s’empêcher de penser à l’album Graceland de Paul Simon, enregistré en partie avec des musiciens sud-africains, mais aussi louisianais et latino-américains. Un disque qui est paru l’année suivante, 1986, et a été un jalon très important dans l’histoire de la world music. En cette période du milieu des années 80, les Talking Heads ont conservé une grande popularité et, surtout, un immense prestige. À la manière de David Bowie dans les années 70, David Byrne et son groupe ont cherché à se réinventer à chaque album. Et surtout à donner des spectacles qui ne ressemblaient à rien de ce qui se faisait dans le rock, aussi bien le rock ancien que celui de l’après punk. Ils ont d’ailleurs été pionniers en la matière : en 1984, ils ont élaboré méticuleusement un concert destiné à être filmé. C’est Jonathan Demme, le réalisateur de, entre autres, « le Silence des agneaux », qui a réalisé ce documentaire d’un genre particulier qui s’appelle « Stop Making Sense ». Alors, c’est intéressant à souligner, parce qu’on a tendance à oublier cette dimension visuelle très particulière des Talking Heads. Dès le début, le groupe avait une sorte de ligne esthétique très particulière. Je cite David Byrne : « Pas de mouvements ni de poses rock, pas d’emphase ni de dramatisation, pas de coiffures rock, pas de lumières rock, pas de baratin sur scène ». Dès le début, en 1977, leur anti-image était une provocation : sur la pochette de leur premier album, on les voyait en polos et chemisettes, coiffés comme Monsieur et Madame tout le monde. On aurait dit une bande d'employés de banque des années 60 en week-end. Et quand David Byrne, qui se présentait sous l’apparence de Monsieur Normal cachant un abîme de folies et de déviances, ça créait un effet détonant. Surtout quand il chantait « Psycho killer », tueur psychopathe, psycho killer, qu’est-ce que c’est, en français dans le texte, c’était comme une scène de film ou de théâtre. La version que je vous propose de ce classique du groupe, sans doute sa chanson la plus connue, est extraite du spectacle dont je vous ai parlé, « Stop Making Sense ».(...)"

Talking Heads : 

  • « Take Me to the River » extrait de l’album « More Songs About Buildings and Food » (version remasterisée en 2005) 
  • « Girlfriend Is Better » extrait de l’album « Speaking in Tongues » (version remasterisée en 2005) 
  • « The Great Curve » extrait de l’album « Remain in Light » (version remasterisée en 2005) 
  • « This Must Be the Place (Naive Melody) » extrait de l’album « Speaking in Tongues » (version remasterisée en 2005) 
  • « Road to Nowhere » extrait de l’album « Little Creatures » (version remasterisée en 2005) 
  • « Psycho Killer (Live) » extrait de l’album « Stop Making Sense » 
  • « The Big Country » extrait de l’album « More Songs About Buildings and Food » (version remasterisée en 2005) 
  • « Heaven » extrait de l’album « Fear of Music » (version remasterisée en 2005) 
  • « Wild Wild Life » extrait de l’album « True Stories »
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