Very Good Trip reste blues et soul. L’excursion du jour va nous emmener du côté du rock des années 60 et 70. Des voix rauques, mâles, parfois âpres. Alors ça va chauffer et même brûler, mais d’abord en douceur.

Portrait du chanteur et auteur-compositeur Van Morrison, à Bath, le 30 mai 1989.
Portrait du chanteur et auteur-compositeur Van Morrison, à Bath, le 30 mai 1989. © Getty / Michael Putland

Cette émission est une rediffusion du 19 août 2015.

« Brown Eyed Girl », la voix inimitable -et pourtant, il y en a qui ont essayé- du Nord-Irlandais Van Morrison, en 1967. Quand on parle de grandes voix blues et soul dans le rock blanc, c’est difficile de ne pas penser à lui en premier. 

Van Morrison fait partie de ces chanteurs que tout le monde connaît sans forcément les situer : c’est lui qui, en 1964, chantait le blues « Gloria », un immense tube mondial, au sein de son groupe d’alors, Them. Une chanson que, une dizaine d’années plus tard, en 1975, Patti Smith allait reprendre d’une façon radicalement personnelle. 

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Van Morrison, c’’est un roc, sans k à la fin, on pourrait dire une montagne. Il a aujourd’hui près de soixante-dix ans et chante depuis un demi-siècle. Comme beaucoup de chanteurs et musiciens de cette génération encore née dans les années de guerre, il est devenu musicien professionnel à l’âge où la plupart d’entre nous avons préparé notre bac. 

Avec des copains de son quartier à Belfast, la capitale portuaire de l’Irlande du nord, il a commencé par former un groupe de reprises de chansons à la mode. Il y chantait, jouait de la guitare et du saxophone. Mais la passion de George Ivan Morrison, que tout le monde appelait déjà Van, c’était le blues, le gospel et le jazz. Il avait eu la chance de les découvrir très tôt, à une période où ce genre d’enregistrements n’était pas accessible à tous, loin de là. Il avait en effet  la chance d’avoir un père mélomane, qui collectionnait les disques 78 tours américains, plutôt rares en ce temps-là. 

Dès son plus jeune âge, Van Morrison, quand il écoutait de la musique entrait comme en transe, dans un état second. Selon le témoignage d’un de ses amis, que je vais citer, 

c’était incroyable parce que c’était un type tellement calme. Pourtant, dès qu’il entendait de la musique, il devenait quelqu’un d’autre », fermez les guillemets. 

Comme beaucoup d’entre nous, pourrait-on ajouter. Mais lui, et là, c’est moins fréquent, quand il chantait sur scène, dans un bar, c’est plutôt des pubs là-bas, il se comportait comme un enfant seul dans sa chambre quand il pense que personne ne le voit : il se roulait par terre, dansait sur les tables, jetait sa chemise, comme possédé. Il ne faut pas croire que ces comportements, sans inhibition, avec cette outrance complètement naturelle, jamais vulgaire, qu’ont souvent les Irlandais, un peuple très enflammé. 

Alors, au fond, c’est normal qu’un des plus grands chanteurs soul au monde soit un Irlandais.  Van Morrison a enregistré, en près de cinquante ans, une quarantaine d’albums où l’on trouve de tout : soul, bien sûr, mais aussi folklore celtique, avec les Chieftains, jazz, blues, folk, country. 

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Ses chefs-d’œuvre, comme le délirant Astral Weeks, sorti en 1968, où les chansons sont écrites comme de petites nouvelles pleines d’images poétiques, appartiennent à l’histoire. 

Certains privilégient ses albums de la première moitié des années 70, enregistrés à San Francisco, notamment, avec d’excellents musiciens de jazz, mais dans chaque période, il y a quelque chose à prendre. Une montagne, je vous disais.

  • Van Morrison : « Brown Eyed Girl » extrait de la compilation « Bang Masters » 
  • Kevin Coyne : « Marlene » extrait de l’album « Marjory Razor Blade » 
  • Graham Parker : « You Can’t Be Too Strong » extrait de l’album « Squeezing Out Sparks » 
  • Mink DeVille : « Mixed Up, Shook Up Girl » extrait de la compilation « Cadillac Walk – The Mink DeVille Collection » 
  • John Hiatt : « Learning How to Love You » extrait de l’album « Bring the Family » 
  • The Box Tops : « The Letter » extrait de la compilation « Neon Rainbow – The Best of the Box Tops » (remasterisé en 1996) 
  • Tommy James & the Shondells : « Mony Mony » extrait de la compilation « Anthology » (remasterisé en 2007) 
  • Mitch Ryder & the Detroit Wheels : « Little Latin Lupe Lu » - Single
  • Small Faces : « All or Nothing (Alternate Mix) » extrait de l’album « From the Beginning » (DeluxeEdition 2012) » 
  • The Spencer Davis Group : « I’m a Man (Radio Version) » extrait de la compilation « Keep On Running – The Collection » 
  • Family : « Sweet Desiree » extrait de la compilation « Strange Band– The Very Best of Family » 
  • Terry Reid : « This Time » extrait de la compilation « Super Lungs – The Complete Studio Recordings 1964-1969 » 
  • Led Zeppelin : « Ramble On » extrait de l’album « Led Zeppelin II » (remasterisé en 2014) 
  • The Animals : « When I Was Young » extrait de la compilation « Absolute Animals 1964-1968 » 
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