Very Good Trip consacre une heure à un musicien qui a conjugué folk cosmique, metal enflammé et lyrisme symphonique. Et qui est aussi un guitariste virtuose.

Steven Wilson, multi-instrumentiste, chanteur, compositeur fondateur du groupe de rock progressif Porcupine Tree en concert à l'Opéra de Copenhague le 21 février 2019.
Steven Wilson, multi-instrumentiste, chanteur, compositeur fondateur du groupe de rock progressif Porcupine Tree en concert à l'Opéra de Copenhague le 21 février 2019. © AFP / Torben Christensen / Ritzau Scanpix

Bon, il y en a sûrement, parmi vous qui nous écoutez, qui avez comme sauté de joie en vous écriant, en votre for intérieur : incroyable, sur France Inter, ils passent Porcupine Tree, je pensais que ça arriverait jamais. 

Aux autres, j’explique en deux mots : Porcupine Tree est le genre de groupe qui, depuis plus de vingt ans, jouit d’une popularité pour ainsi dire invisible. Il y a sinon, une majorité, du moins une forte minorité silencieuse qui plébiscite ce groupe et son fondateur, le guitariste, compositeur et chanteur Steven Wilson. 

Les médias grand public n’en parlent pas, la critique qui, en France, préfère jeter son dévolu ce qui est nouveau et intéressant, normal, c’est son rôle, ne s’est jamais trop penché sur lui. Pourtant, en près de vingt ans, Porcupine Tree puis, après la séparation de ce groupe, Steven Wilson en solo, est passé en dix-huit ans, pour prendre l’exemple de Paris, de l’Élysée Montmartre, une salle de mille quatre cents places au Zénith de la Villette, où Steven Wilson jouera le 30 septembre prochain, il faut être patient, près de sept mille places. Bon, ce n’est peut-être pas Bercy, Steven Wilson n’est pas, mettons, Beyoncé, mais les musiciens de rock qui peuvent encore remplir le Zénith et faire une tournée en France à guichets fermés ne sont plus si nombreux que ça. 

Alors, vous avez entendu ce titre, « Blackest Eyes », c’est un peu, je le dis sans moquerie, trois groupes pour le prix d’un : le Pink Floyd de la période classique, le King Crimson tendance metal et, c’était peut-être légèrement moins sensible dans ce titre, le Genesis première manière, celui post-psychédélique, aux collages aussi savants que baroques, où chantait encore Peter Gabriel, entre 1970 et 1974. Rien de narquois ni même de désobligeant dans cette remarque : Steven Wilson a eu vingt ans à la fin des années quatre-vingt, une période où le rock avait déjà, d’une certaine façon, vécu son histoire et même fait sa révolution, avec les punks. D’autres musiques arrivaient : hip-hop, techno, house. 

Quant au rock, eh bien il continuait à vivre sous forme de retours, de micro-tendances et de cultes. Steven Wilson, jeune, avait connu un premier retour du hard rock au début des années quatre-vingt grâce à des groupes comme Iron Maiden, qui ont marqué sa génération, née à la fin des années soixante, en profondeur. Mais il y a eu un autre retour dans ces années-là, celui-là encore plus dédaigné par la critique, c’est celui de la musique dite progressive.

Porcupine Tree : 

  • « Blackest Eyes » extrait de l’album « In Absentia » 
  • « Trains - Remastered » single 
  • « Hatesong » extrait de l’album « Lightbulb Sun » 

Steven Wilson : 

  • « Harmony Korine » extrait de l’album « Insurgentes (2016 Remaster) » 
  • « Insurgentes » extrait de l’album « Insurgentes (2016 Remaster) » 
  • « The Pin Drop » extrait de l’album « Transience » 
  • « Blank Tapes » (featuring Ninet Tayeb) album « To the Bone » 
  • « Lazarus - Live » extrait de l’album « Home Invasion - Steven Wilson in Concert at the Royal Albert Hall » 

Blackfield : « Open Mind - Remastered » extrait de l’album « Blackfield (Remastered) » 

Steven Wilson : « Grace for Drowning » extrait de l’album « Grace for Drowning » 

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