Dixit Michka Assayas, ce soir, c’est presque l’été, et, pour citer, Bob Marley, c’est punky reggae party !

DEVO (Gerald Casale, Bob Casale, Alan Myers, Mark Mothersbaugh et Bob Mothersbaugh) dans les coulisses au Punch & Judy Theatre le 27 octobre 1978 à Grosse Pointe Farms , Michigan.
DEVO (Gerald Casale, Bob Casale, Alan Myers, Mark Mothersbaugh et Bob Mothersbaugh) dans les coulisses au Punch & Judy Theatre le 27 octobre 1978 à Grosse Pointe Farms , Michigan. © Getty / Michael Marks / Archives Michael Ochs

"(...)La provocation ultime, quand vous étiez punk ou new wave en 1978, c’était passer ça à un fan des Rolling Stones. La version de « I Can’t Get No Satisfaction » interprétée par Devo, un groupe originaire de la ville de Akron, dabns l’Ohio, alors la capitale industrielle du pneu. Devo a occupé un espace incroyable, inimaginable aujourd’hui, durant les années 1978-1979, comparable aux Talking Heads. Ces étudiants en cinéma qui voyaient grand, en tout cas visionnaires, se présentaient sur scène en tenues de cosmonautes de science-fiction, il est d’ailleurs tout à fait possible qu’ils aient secrètement inspiré les frères Bogdanoff. Ils se ressemblaient comme une bande de clones issus d’une expérience à moitié ratée, portant tous les mêmes lunettes en écaille des années 60, et s’agitaient dans une espèce de danse spasmodique qui se voulait robotique. Ils avançaient une théorie moitié-loufoque moitié-sérieuse, c’est souvent le cas dans la science-fiction, selon laquelle l’espèce humaine avait entamé une régression irréversible vers une forme de déshumanisation et donc de dé-évolution, d’où leur nom, Devo. Une théorie qui, quand on y réfléchit, n’était pas si farfelue et qui, à certains égards, peut même paraître aujourd’hui prophétique. En tout cas cette version de « Satisfaction », comme machinique et détraquée, interprétée par d’inquiétants mutants, avait de quoi mettre mal à l’aise. Vous me direz, c’était le but. Et ça n’empêchait pas chacun d’improviser là-dessus de son choix sur cette espèce de reggae tordu. L’idée, c’est que tout, dans notre société humaine, allait être transformé et altéré par des machines bizarres. Au fond c’était bien vu. Alors, Devo, c’était américain, bien sûr, mais c’est un groupe qui s’inscrivait très bien dans ce contexte très particulier de l’après punk où musique industrielle, rythmes robotiques et expression d’un mal-être se conjuguaient. Mais, comme pour noyer l’angoisse et transformer le malaise en énergie, eh bien ces jeunes musiciens recouraient souvent aux rythmes reggae et funk, associés à la fête et à la détente, comme pour appeler au secours et réclamer une joie qui leur échappait. On va en écouter quelques exemples.(...)"

  • The Slits : « I Heard It Through the Grapevine » extrait de l’album « Cut » 
  • Basement 5 : « Silicon Chip » single 
  • Devo : « (I Can’t Get Me No) Satisfaction » extrait de l’album « Hot Potatoes -The Best of Devo » 
  • Ian Dury & the Blockheads : « Clevor Trever » extrait de l’album « Sex & Drugs &Rock &Roll - The Essential Collection » 
  • The Clash : « Bankrobber » extrait de l’album « Hits Back » 
  • The Specials : « Ghost Town » single 
  • Jah Wobble : « Blueberry Hill » extrait de l’album « The Legend Lives On - Jah Wobble in ‘Betrayal’ » 
  • Jah Wobble, Holger Czukay, Jaki Liebezeit : « How Much Are They ? - 12 ” Version » extrait de l’album Artistes divers « Out Come the Freaks! - An Island Post Punk Anthology » 
  • Public Image Ltd. : « Careering » extrait de l’album « Metal Box » 
  • The Raincoats : « Shouting Out Loud » extrait de l’album « Odyshape » 
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