Une horde de jeunes gens déferle vers la ferme de Max Yasgur. Ils sont chevelus et très nombreux, bien plus qu’on ne l’imaginait… C’est le premier des « trois jours de paix et d’amour ».

Vendredi 15 août 1969, premier jour du festival
Vendredi 15 août 1969, premier jour du festival © Getty / John Dominis/The LIFE Picture Collection
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Résumé de l'épisode 3 : "Une colombe blanche sur le manche d’une guitare"

Par Marie-Hélène Fauquet

Le vendredi 15 août, à 17 heures, à l’heure où le festival doit commencer, les organisateurs ne contrôlent plus rien. Toutes les routes aux alentours, dans un rayon de plus de trente kilomètres, sont bloquées. Chacun a abandonné son véhicule là où il le pouvait. Des minibus bariolés aux couleurs psychédéliques ont dû s’arrêter après avoir transporté sur leur toit et leurs pare-chocs des vingtaines de « freaks » agrippés tant bien que mal, comme à Bombay en Inde.

Le spectacle est partout. Autour de l’amphithéâtre naturel de White Lake, des centaines de tentes, de toutes dimensions et couleurs, jaunes, rouges, bleues, flottent comme des voiles sur une mer de jeunesse. On parle de cinq cent mille personnes, mais qui peut vérifier ? Il n’y a plus de palissades, pas de guichets où présenter ses tickets, les gens arrivent de partout.  

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a bien plus de monde que prévu, dix fois, peut-être vingt fois plus. Les organisateurs n’ont même pas eu le temps de craindre le chaos : celui-ci s’est installé avant même que le festival n’ait commencé et il est total. Le gouverneur de l’État de New York, Nelson Rockefeller, déclare le site de White Lake « zone sinistrée ».  

Pourtant, la musique doit commencer. Les musiciens programmés pour jouer cet après-midi-là ainsi que les camions contenant leurs équipements sont eux-mêmes immobilisés. Les organisateurs n’ont alors qu’une solution : demander aux uniques musiciens déjà présents sur place de jouer plus tôt que prévu afin que le festival puisse commencer à l’heure. Miracle : Richie Havens est là. Ses trois heures de prestations resteront un des moments les plus marquants du festival.

  • The Chambers Brothers : « Time Has Come Today » extrait de la compilation Time Has Come : The Best of the Chambers Brothers (1993)
  • Buffalo Springfield : « For What It’s Worth (Stop, Hey What’s That Sound) » extrait de l’album Buffalo Springfield (1967)
  • Richie Havens : « Freedom (Live at Woodstock) » extrait de l’album Woodstock : Music from the Original Soundtrack and More (1970)
  • Bert Sommer : « Jennifer » extrait de la compilation Ultra Violet’s Hot Parts (The Soundtrack Album) (1972)
  • Tim Hardin : « If I Were a Carpenter » extrait de la compilation Hang On to a Dream (1966)
  • Ravi Shankar : « Raga Puriya Kalyan » extrait de l’album That Which Colours the Mind (1957)
  • Melanie : « Beautiful People (Live) » extrait de l’album Taking Woodstock (Original Motion Picture Soundtrack) (2009)
  • Arlo Guthrie : « Coming Into Los Angeles » Live at Woodstock (1969)

"Woodstock - Three days of peace and music" par Michka Assayas chez GM Editions

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