Ce soir, une fois n’est pas coutume, on reçoit un invité de marque. Un des musiciens les plus doués de sa génération, il sait faire beaucoup de choses : jouer du violon, siffler, chanter, magnifiquement, improviser. Et très bien parler, aussi, de la situation actuelle de son pays, les Etats-Unis, aussi.

Andrew Bird, en concert
Andrew Bird, en concert © AFP / Rich Fury/Getty Images for Arroyo Seco Weekend

Une voix au timbre vibrant et chaleureux, un peu archaïque, comme celui du Canadien Rufus Wainwright, un violoniste né, guitariste aussi, en même temps un très bon sculpteur de sonorités, il a longtemps été seul à réaliser ses albums. Je vous l’ai déjà présenté lundi dernier, Andrew Bird, qui a aujourd’hui quarante-cinq ans, est un musicien qui s’est révélé capable d’aborder toute une variété de styles traditionnels mais, c’est ce qui le distingue, toujours dans un esprit moderne et expérimental. Ce dont témoigne une œuvre, bon, le terme un peu pompeux, disons un ensemble d’albums, étendu sur vingt années, déjà, qui a suscite l’admiration, justifiée, d’un grand cercle d’admirateurs tout autour du monde. Andrew Bird, c’est l’âge aussi qui veut ça, les épreuves, et puis la paternité, aussi, ça change un homme, s’oriente, depuis quelques années, et deux albums, dont le dernier, vers une expression plus directe et sensible. Il est davantage capable de se mettre à nu, c’est manifeste dans son tout dernier album qu’il a intitulé, avec un sourire, bien sûr, l’homme est modeste, « My Finest Work Yet », ce que j’ai fait de mieux jusqu’à présent. Et dont il est venu nous interpréter, ici même, dans notre studio de France Inter, trois chansons seul à la guitare, on va l’entendre tout à l’heure.

Andrew Bird et Michka Assayas, dans les studios de France Inter, pour une session live ! (mars 2019)
Andrew Bird et Michka Assayas, dans les studios de France Inter, pour une session live ! (mars 2019) © Radio France / Stéphane Ronxin

Je rappelle en deux mots d’où vient Andrew Bird. Il a grandi dans une ville moyenne située au nord de Chicago, sur la rive du lac Michigan, il a appris à jouer du violon selon la méthode Suzuki, qui, loin d’un apprentissage scolaire, favorise une immersion spontanée dans la musique. Il a appris à jouer de tout à l’oreille, airs irlandais, country, jazz, klezmer et blues aussi, ce qui ne l’a pas empêché de suivre par la suite une formation académique dans le but de se perfectionner. La première chose qui frappe chez Andrew Bird, c’est son sens inné de la mélodie qui semble toujours, chez lui, couler de source. Et puis aussi son goût pour la sculpture des sonorités, qui l’a conduit aussi à travailler dans le cadre de manifestations, d’installations, comme on dit, d’art contemporain. Il est en effet un des premiers musiciens à s’être produit sur scène dans les années 2000 armé d’un dispositif électronique, aujourd’hui ça s’est répandu, lui permettant de jouer en boucle avec lui-même, jusqu’à devenir un orchestre à lui tout seul.

Interview traduite par Harold Manning

Et pour les puristes qui veulent écouter l'interview en VO :

52 min

VERY GOOD TRIP - ENTRETIEN AVEC ANDREW BIRD_version originale8Very Good Trip_mars 2019

Bonus vidéo

Les chansons d'Andrew Bird diffusées ce soir :

  • "Pulaski at Night"
  • "Manifest"
  • "Bloodless"
  • "Giant of Illinois"
  • "Puma"
  • "Sisyphus"
  • "Fallorun"

Mais aussi :

  • "For the Sake of the Song" de Townes Van Zandt
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