Ambiance, ambiance ... façon Michka Assayas, donc complètement et entièrement rock'n roll !

Thom Yorke, musicien auteur-compositeur, chanteur et guitariste, le 1er septembre 2018, pendant la 75ème Mostra de Venise.
Thom Yorke, musicien auteur-compositeur, chanteur et guitariste, le 1er septembre 2018, pendant la 75ème Mostra de Venise. © Getty / Archivio Portfolio de Marilla Sicilia / Mondadori

Une voix et un style qu’on connaît bien, ceux de l’Anglais Thom Yorke, notoirement connu pour son rôle au sein du groupe Radiohead depuis environ vingt-cinq ans déjà. Le titre qu’on vient d’entendre s’appelait "Suspirium", ça veut dire soupir en latin et c’est le singulier de "Suspiria", le titre d’un film réalisé par le cinéaste italien Luca Guadagnino. Un grand admirateur de Thom Yorke et Radiohead, lui et ses producteurs ont longtemps bataillé auprès du musicien pour qu’il accepte de composer et interpréter sa première musique de film. Comme celui-ci l’a récemment déclaré au site Internet Consequence of Sound, « c’est un de ces moments de la vie où t’as envie de fuir mais en même temps, si tu fais ça, tu le regrettes ». Et c’est vrai, pour son camarade Jonny Greenwood, guitariste et compositeur au sein de Radiohead, écrire des musiques est, depuis une dizaine d’années, une activité régulière. 

Auprès du cinéaste californien Paul Thomas Anderson, dont il a composé et orchestré les bandes originales, de There Will Be Blood, en 2007, au récent Phantom Thread. Mais pas du tout pour Thom Yorke, qui appréhendait beaucoup l’exercice. Alors le film "Suspiria" n’est pas exactement le remake d’un classique du film d’horreur italien, tourné par le maître du genre, Dario Argento, en 1977. Plutôt une réinvention, librement inspirée de l’original au scénariste américain David Kajganich, qui s’était déjà livré à un exercice du même genre concernant un classique du film d’épouvante, l’Invasion des profanateurs de sépulture

Thom Yorke raconte avoir plusieurs fois regardé l’original avant de se mettre au travail. Il a puisé à diverses sources. La musique électronique, déjà, ça fait longtemps qu’elle le passionne. Il cite en particulier son cadet, le réalisateur et DJ londonien, James Holden. Mais aussi la musique répétitive allemande du début des années soixante-dix. Il fallait évoquer le Berlin de la période où se déroule le film, encore séparé et imprégné par l’ambiance de la guerre froide, c’est là qu’il y a ce mystérieux conservatoire de danse secrètement dirigé par un véritable ballet de sorcières. Thom Yorke cite aussi la musique concrète et Pierre Henry, bon, ce n’est pas manifeste dans ce que j’ai entendu, où l’on entend entre autres des chants grégoriens et une musique symphonique romantique. Mais enfin la commande a eu du bon puisqu’elle lui a permis d’écrire et chanter une de ses plus belles ballades récentes.

  • Thom Yorke : « Suspirium » extrait de l’album « Suspiria (Music for the Luca Guadagnino Film) » 
  • Tamino : « Persephone » extrait de l’album « Amir » 
  • RÜFÜS DU SOL : « No Place » extrait de l’album « Solace » 
  • Teleman : « Somebdy’s Island » extrait de l’album « Family of Aliens » 
  • Mumford & Sons : « The Wild » extrait de l’album « Delta » 
  • Grandaddy : « Bison on the Plains » single 
  • Spiritualized : « Let’s Dance » extrait de l’album « And Noting Hurt » 
  • The Decemberists : « Tripping Along » extrait de l’album « I’ll Be Your Girl » 
  • Grant-Lee Phillips : « King of Catastrophes » extrait de l’album « Widdershins » 
  • Richard Swift : « Sept20 » extrait de l’album « The Hex » 
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.