Une heure en compagnie d’un seul et même groupe, qui revient dans l’actualité. C'est ce que Michka Assayas vous propose ce soir !

The Smashing Pumpkins en concert, pendant la tournée «Shiny and Oh So Bright», au Golden 1 Center le 28 août 2018 à Sacramento, en Californie.
The Smashing Pumpkins en concert, pendant la tournée «Shiny and Oh So Bright», au Golden 1 Center le 28 août 2018 à Sacramento, en Californie. © Getty / Tim Mosenfelder

"Intoxicated with the madness, I’m in love with my sadness", intoxiqué par la folie, "je suis amoureux de ma tristesse". Presque une devise pour ce groupe né il y a une trentaine d’années à Chicago et qui a marqué en profondeur toute une génération qui a vécu son adolescence au milieu des années quatre-vingt dix. 

Les Smashing Pumpkins étaient de Chicago mais s’inscrivaient dans ce courant grunge né dans le nord de la Côte Ouest des Etats-Unis, empreint de pesanteur, de maussaderie et d’énergie désespérée. À la source, il y a eu Nirvana, Pearl Jam, avec Eddie Vedder, et Soundgarden, avec le regretté Chris Cornell, à Seattle, mais cette lame de fond atteint les Etats-Unis et d’ailleurs le reste du monde. On  l’a oublié mais, à ses débuts, Radiohead a été très marqué par l’énergie très particulière du courant grunge, où l’auto-détestation de ce que certains ont appelé la génération X, les enfants de parents hippies souvent démissionnaires, livrés à eux-mêmes et ne trouvant pas leur place, a joué un rôle important. 

Une chanson comme « Creep » en témoigne fortement. Et celle qu’on vient d’entendre aussi, « Zero », qui remonte à l’année 1995 et à un double CD qui reste le sommet de la carrière des Smashing Pumpkins : "Melon Collie and the Infinite Sadness". Zero, zéro, c’est ce qui était inscrit sur le t shirt que portait fréquemment sur scène le chanteur, guitariste et compositeur du groupe, Billy Corgan, qui avait décidé de se raser la tête vers 1996 avant ses trente ans. Il représentait très bien cette génération X. Abandonné par sa mère, élevé par un guitariste de jazz remarié à une hôtesse de l’air, caricature, selon l’intéressé, de la belle-mère tyrannique, Billy Corgan était un garçon aux goûts classiques de banlieusard américain : il aimait le hard rock et le heavy metal, Led Zeppelin et Black Sabbath, jouer au baseball, tout ça. Jusqu’au jour où il a découvert des albums de The Cure et Bauhaus, dont les chansons ont donné une forme et une structure à un malaise existentiel sous-jacent qu’il n’arrivait pas à exprimer. Après un passage, pour de brèves études à St Petersburg, c’est l’ouest de la Floride, le golfe de Tampa, où il a formé un groupe entre metal et rock gothique, il est retourné à Chicago. 

Voici, comment il résumait les choses, répondant, il y a plus de vingt ans, à une interview de Libération : « J’étais un tocard sans boulot qui voulait former un groupe. J’ai rencontré des gens, ça n’a pas marché, j’ai recommencé avec d’autres, on a été mauvais pendant deux ans, puis on est devenus bons, on a décroché un contrat, et voilà. C’est une histoire ennuyeuse ».

The Smashing Pumpkins : 

  • « Zero » extrait de l’album « Mellon Collie and the Infinite Sadness (Deluxe Edition) » (remasterisé en 2012) 
  • « Geek U.S.A. » extrait de l’album « Siamese Dream » (remasterisé en 2011) 
  • « Siva » extrait de l’album « Gish » (remasterisé en 2011) 
  • « Bullet with Butterfly Wings » extrait de l’album « Mellon Collie and the Infinite Sadness (Deluxe Edition) » (remasterisé en 2012) 
  • « Mayonaise » extrait de l’album « Siamese Dream » (remasterisé en 2011) 
  • « 1979 » extrait de l’album « Mellon Collie and the Infinite Sadness (Deluxe Edition) » (remasterisé en 2012) 
  • « Eye » extrait de la compilation « Greatest Hits » 
  • « Ava Adore » extrait de l’album « Adore » 
  • « Thirty-Three » extrait de l’album « Mellon Collie and the Infinite Sadness (Deluxe Edition) » (remasterisé en 2012) 
  • « Untitled » extrait de la compilation « Greatest Hits » 
  • « Today » extrait de l’album « Siamese Dream » (remasterisé en 2011) 
  • « Tonight, Tonight » extrait de l’album « Mellon Collie and the Infinite Sadness (Deluxe Edition) » (remasterisé en 2012) 
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