Michka Assayas rend hommage à ce génial mais discret musicien américain, disparu en 2013, JJ Cale,

L'auteur-compositeur-interprète et guitariste J.J. Cale à San Diego, Californie, en août 1989.
L'auteur-compositeur-interprète et guitariste J.J. Cale à San Diego, Californie, en août 1989. © Getty / Michael Putland

J.J. Cale que l'on va célébrer ce soir par une sorte de concert rêvé, vous connaissez la formule. Bien sûr parce que son talent, immense, le méritait amplement, ça va sans dire. Mais il y a aussi une raison contingente : la parution, après-demain, d’un album de titres inédits, six ans après sa disparition. Des chansons qu’il avait gardées pour lui, des maquettes très abouties -c’était un perfectionniste, il le cachait bien derrière une apparence nonchalante, un adjectif souvent employé à son sujet- choisies par celle qui fut sa compagne, la musicienne Christine Lakeland. L’album s’appelle « Stay Around », vous découvrirez à la fin de l’émission la chanson qui donne son titre au recueil, il contient quinze titres inédits. 

Alors, J.J. Cale, qui nous a quittés il y a six ans déjà, en 2013, à l’âge de soixante-quatorze ans, était un personnage comme on en rencontre rarement parmi les musiciens de rock. Et peut-être même jamais. Un type qui, sur scène, demandait à l’ingénieur du son de baisser sa voix pour qu’elle se fonde davantage avec les instruments. Qui se plaçait toujours derrière ses musiciens pour jouer et chanter. Et auquel il arrivait de se cacher derrière un ampli pour prendre un solo. 

Sur ses photos, J.J. Cale avait toujours l’air, non pas renfrogné mais absent, complètement indifférent à son apparence et à son image. Il a longtemps vécu dans un trailer, un mobile home, si vous préférez, au sud de Los Angeles, sans téléphone, sans compte en banque, se promenant avec des sacs de toile emplis de cash. Il arrivait à son manager de passer des semaines sans arriver à le joindre, il fallait lui écrire à ce qu’on appelait, ça existait en France aussi, une adresse de Poste Restante. « J.J. Cale, General Delivery ». Il allait au bureau de poste local chercher son courrier. Il a ainsi refusé, sans vraiment en être conscient, toutes sortes de propositions alléchantes : des tournées en Europe, un portrait de lui sur la chaîne CNN, des offres pour lesquelles d’autres que lui se seraient damnés. Et lui disait tout le temps non, au point que son manager l’avait surnommé Doctor No, comme dans le premier James Bond.

J.J. Cale : 

  • « Anyway the Wind Blows » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « Call Me the Breeze » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « Cocaine » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « I Got the Same Old Blues » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « Rock and Roll Records » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « If You’re Ever in Oklahoma » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « Tijuana » extrait de la compilation « The Silvertone Years » 
  • « Passion » extrait de la compilation « The Silvertone Years » 
  • « After Midnight » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « Lies » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « I’ll Make Love to You Anytime » extrait de la compilation « Anyway the Wind Blows - The Anthology » 
  • « Drifters Wife » extrait de l’album « Grasshopper » 
  • « Mississippi River » extrait de l’album « Grasshopper » 
  • « Stay Around » single 
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