Very Good Trip tient sa promesse puisque ce soir, on va rester en compagnie d’une seule et même femme.

L’auteure-compositrice-interprète Lana Del Rey à l'Amoeba Music Hollywood pour présenter son premier album "Born To Die", le 7 février 2012 à Hollywood, Californie.
L’auteure-compositrice-interprète Lana Del Rey à l'Amoeba Music Hollywood pour présenter son premier album "Born To Die", le 7 février 2012 à Hollywood, Californie. © Getty / Jason LaVeris / FilmMagic

Lana Del Rey est une création, une invention d’elle-même, si vous préférez, ni plus ni moins que Bob Dylan est une invention de Bobby Zimmerman, fils d’un vendeur d’électro-ménager dans une petite ville du Midwest. 

Personne n’aurait l’idée de dire que Bob Dylan est un personnage artificiel et, pourtant, d’une certaine façon, il l’est. Parce que, pardon d’enfoncer une porte ouverte, tous les poètes s’inventent. Et comme Lana Del Rey est une femme, beaucoup acceptent beaucoup moins facilement que Lizzy Grant, c’est son nom d’état civil, se soit inventé un personnage et qu’elle vive dans ce personnage. 

« Video Games » est une chanson qui peut provoquer une sorte de malaise. La jeune femme qu’on voit et entend chanter a l’air sous emprise, comme on dirait aujourd’hui. Elle semble comme envoûtée par son petit copain, un mec qui passe une partie de ses journées à jouer à des jeux vidéo pendant, on imagine, qu’elle va bosser : 

Avec toi, le paradis est sur Terre, dis-moi tout ce que t’as envie de faire, il paraît que tu aimes les bad girls, mon chéri, c’est vrai, ça ? » 

La vidéo de la chanson mêle des images d’archives, des films d’amateurs avec des garçons et des filles d’autrefois qui s’amusent, roulant à moto sans casque, on voit une fille ivre en robe de soirée, pour une quelconque soirée de gala, soutenue par un  gars qui essaie de l’empêcher de tomber, des nuées de paparazzi en noir et blanc, les lettres de Hollywood dans la brume, le drapeau américain tout flapi, qui flotte tristement et Lana Del Rey qui chante d’un air éteint, sans danser, sans bouger, rêvant à toute une vie glamour dont elle ne connaîtra jamais que des bribes, des lambeaux, au mieux des souvenirs qui s’effilochent déjà, alors qu’elle est encore si jeune. 

Sa vie semble un complet ratage, comme on peut le ressentir à cet âge-là, alors qu’on n’a pratiquement rien vécu. Alors, bien sûr, ça peut mettre mal à l’aise. D’autant que Lana Del Rey met en scène l’image d’une une femme passive, pas puissante du tout, qui semble aliénée par le regard que peut avoir sur elle l’homme qu’elle adore. Ce ne sont pas de choses que, bien sûr, elle approuve mais elle les décrit parce qu’elles existent et qu’elle les a, évidemment, vécues.

Lana Del Rey : 

  • « Video Games - Remastered » extrait de l’album « Born to Die » (Deluxe Version) 
  • « West Coast - Radio Mix » single « The Remixes » 
  • « Shades of Cool » extrait de l’album « Ultraviolence » 
  • « Blue Jeans » extrait de l’album «  Born to Die » 
  • « Lust for Life » (with The Weeknd) extrait de l’album « Lust for Life » 
  • « Fucked My Way Up to the Top » extrait de l’album « Ultraviolence » 
  • « National Anthem » extrait de l’album « Born to Die » 
  • « Summer Bummer » (feat. A$AP Rocky & Playboy Carti) extrait de l’album « Lust for Life » 

Bobby Womack : « Dayglo Reflection «  (feat. Lana Del Rey) extrait de l’album « The Bravest Man in the Universe » 

Lana Del Rey : « Pretty When You Cry » extrait de l’album « Ultraviolence » 

Cat Power : « Woman » (feat. Lana Del Rey) extrait de l’album « Wanderer » 

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