Ce soir, au programme de Very Good Trip, du paradoxe, de belles voix soul, jeunes, voire très jeunes. Et déjà classiques.

Le chanteur Michael Kiwanuka se produit sur scène au festival Sziget le 7 août 2019 à Budapest, en Hongrie.
Le chanteur Michael Kiwanuka se produit sur scène au festival Sziget le 7 août 2019 à Budapest, en Hongrie. © Getty / Didier Messens / Redferns

Michael Kiwanuka est un londonien d’aujourd’hui qui n’a pas eu besoin de déterrer les albums de grands chanteurs de cette période, Bill Withers ou Marvin Gaye. 

Cette musique, ces chansons, depuis leur apparition il y a une cinquantaine d’années, voire plus, n’ont jamais disparu. Ça a été des classiques immédiats, on en était conscient à l’époque, et ils n’ont cessé d’inspirer des générations successives tout autour du monde depuis, de musiciens noirs, blancs, de toutes les couleurs. 

Kiwanuka est un cas intéressant. Il a grandi à Muswell Hill, un  quartier du nord de Londres où vivent plutôt des membres des classes moyennes blanches. Ça n’a pas toujours été le cas. Au temps de Ray Davies et des Kinks, qui ont grandi là, c’était plutôt ouvrier. En tout cas, Michael Kiwanuka, le fils d’un couple de réfugiés ougandais ayant fui le régime du généra Idi Amin Dada, de sinistre mémoire, s’est retrouvé dans une situation d’entre deux, bizarre et inconfortable. 

Gamin noir amateur de Radiohead et Nirvana, pratiquant le skateboard, il n’était pas toujours à son aise parmi les Blancs. Et quand il allait dans les quartiers noirs, on regardait de travers ce gamin en tenue de skater. Ce garçon timide, introverti, s’est réfugié logiquement dans une musique, la soul, qui représentait une sorte d’idéal. 

Usher et Dizzee Rascal, ça ne me parlait pas, mais Bill Withers et Marvin Gaye, oui. 

Soutenu par Danger Mouse, un réalisateur musical américain, métis, qui se tient à un point d’équilibre étrange entre soul, folk et psychédélisme, avec des éléments de hip-hop, aussi, il est de son temps, Kiwanuka constate qu’il y a peu de Noirs à ses concerts, ce qui ne le met pas toujours à l’aise avec lui-même mais il l’assume. Pour autant, c’est difficile pour lui d’oublier qu’il est Noir. Comme il le dit, le racisme s’exprime aujourd’hui plus subtilement qu’avant.

  • Michael Kiwanuka : « Hero » single 
  • Raphael Saadiq : « Rikers Island » extrait de l’album « Jimmy Lee » 
  • Daniel Caesar : « OPEN UP » extrait de l’album « CASE STUDO 01 » 
  • Jordan Rakei : « Mad World » extrait de l’album « Origin » 
  • Sudan Archives : « Glorious » single 
  • Raveena : « Petal » extrait de l’album « Lucid » 
  • Ama Lou : « NORTHSIDE » single 
  • Ari Lennox : « Shea Butter Baby » (featuring J. Cole) extrait de l’album « Shea Butter Baby » 
  • Durand Jones & the Indications : « Cruisin’ to the Park » single 
  • Joy Crookes : « Mother May I Sleep with Danger? » EP « Influence EP » 
  • Celeste : « Strange - Edit » single 
  • Loyle Carner : « Loose Ends » (featuring Jorja Smith) extrait de l’album « Not Waving, But Drowning » 
  • D’Angelo : « Unshaken » single 
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