Very Good Trip vous emporte ce soir par une des plus grandes voix de la musique soul. Et le plus injuste, c’est que le grand public ne connaissait guère cet immense chanteur qui vient de nous quitter.

Toots Hibbert, le chanteur de "Toots and the Maytals" sur scène à Fort Greene, Brooklyn le 22 juillet 1997.
Toots Hibbert, le chanteur de "Toots and the Maytals" sur scène à Fort Greene, Brooklyn le 22 juillet 1997. © Getty / David Corio / Redferns

Chez les connaisseurs du monde entier, on considérait Toots, à juste titre, avant tout comme un immense chanteur soul. Même s’il était Jamaïcain et qu’il s’était fait connaître en chantant des chansons sur un rythme de reggae. Oui, Toots avait le timbre âpre et déchiré d’un Otis Redding, de n’est pas moi qui le dis mais un de ses célèbres admirateurs, Keith Richards.  Et aussi, sur scène, l’énergie d’un James Brown. 

En Angleterre, il avait un public de tout âge, de tous les horizons, c’était une évidence, il fallait avoir vu et entendu Toots, qui avait presque le statut d’un Ray Charles. 

Bien sûr, Toots n’a pas connu l’immense notoriété internationale de son grand rival Bob Marley, pourtant, sur son île natale, la Jamaïque, son groupe, les Maytals a eu autant, voire plus de succès, au début, que les Wailers de Marley. Aucun groupe jamaïcain n’a en tout cas obtenu plus de numéros un que les Maytals en Jamaïque, trente et un en tout. 

Et Toots, comme Bob Marley, écrivait des chansons qui, pour citer le grand historien américain du reggae, Roger Steffens, dépeignaient mieux que personne les joies et les peines, enfin, souvent les peines, des jeunes Jamaïcains. Ainsi la chanson qu’on vient d’entendre, Five four four six was my number, un grand succès sur l’île en 1968, reste un classique. 54 46, un matricule de prison qui n’avait pas été exactement celui de Toots, mais five four four six, ça sonnait mieux dans la chanson. 

En tout cas c’était le fruit d’une expérience authentique vécue par Toots, qui avait été emprisonné dix-huit mois pour détention de marijuana. Une mise en scène, prétendait Toots, montée par la police qui rançonnait volontiers les musiciens à succès et faisait emprisonner ceux qui ne jouaient pas le jeu ou n’étaient pas protégés. 

La même mésaventure était arrivée à Bunny Livingston, membre des trois Wailers d’origine qui, comme les Maytals, étaient un simple groupe vocal. 

Toots and the Maytals : « 54-46, That’s My Number » extrait de la compilation « Time Tough : the Anthology » 

The Maytals : « Johnny Cool Man » extrait de la compilation « The Best of the Maytals » 

Toots and the Maytals : 

  • « Time Tough » extrait de la compilation « Time Tough : the Anthology » 
  • « Bam Bam » extrait de l’album « Pressure Drop » 

The Maytals : 

  • « Monkey Man » extrait de l’album « Monkey Man » 
  • « Pressure Drop » extrait de l’album « Monkey Man » 

Toots & the Maytals : « Funky Kingston » extrait de l’album « Funky Kingston » 

Toots Hibbert : « Love Attack » extrait de l’album « Toots in Memphis » 

Toots and the Maytals : 

  • « Let Down » extrait de l’album Artistes divers Easy Star All-Stars « Radiodread » 
  • « Got to Be Tough » extrait de l’album « Got to Be Tough » 
  • « Take Me Home, Country Roads » extrait de l’album « In the Dark » 
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