Dans Very Good Trip, ce soir, une seule voix, un seul groupe. Un des meilleurs à être apparu dans les années 2000. Et ça commence par un bel hymne à cette saison de neige que l’on vient de quitter.

Robin Pecknold le chanteur de Fleet Foxes en concert au Outside Lands Music and Arts Festival le 11 août 2017 à San Francisco, Californie.
Robin Pecknold le chanteur de Fleet Foxes en concert au Outside Lands Music and Arts Festival le 11 août 2017 à San Francisco, Californie. © Getty / Steve Jennings / WireImage

Une entrée modeste, celle d’une chorale en chambre, pour un groupe qui ne l’est pas moins. Mais qui mérite, pour la qualité de ses chansons et la beauté de sa quête musicale, qu’on lui consacre une heure de programme. J’ai nommé le groupe américain Fleet Foxes. Il n’est peut-être pas universellement connu comme Coldplay, ni à l’origine d’hymnes exaltants comme Arcade Fire. Oui mais l’excellence et la rareté de sa production lui ont conféré une place à part. 

Le groupe a fait des débuts éclatants voici un peu plus de douze ans, en 2008, et n’a publié que quatre albums depuis, c’est peu. Le dernier, « Shore », comme rivage, vient tout juste de sortir. De fait, les Fleet Foxes font partie de ces groupes qui s’obligent à suivre un parcours aussi sinueux qu’exigeant avant de lâcher une chanson, qui plus est un album. 

Beaucoup d’interrogations, beaucoup de doutes, mais enfin le jeu en vaut la chandelle. Parce qu’il y a chez eux beaucoup de persévérance et beaucoup de soin, aussi. Et à l’arrivée, des albums d’une qualité rare, sans scories. Une heure de concert idéal des Fleet Foxes, dans « Very Good Trip », ce soir, sur France Inter, eh bien ça s’imposait. 

Je vais tenter de planter un peu le décor. Dans la seconde moitié des années 2000, le rock se fondait de plus en plus dans les sons et les rythmes de l’électro et de la musique de danse en général. La chaleur et l’intimité de la voix avaient parfois du mal à trouver sa place là-dedans. En réaction, pas mal de chanteurs, chanteuses ont alors, pour ainsi dire, débranché le courant. Ils ont opté pour des sons peu ou très modérément amplifiés, des guitares sèches, des voix à l’unisson ou en canon, des ambiances évoquant la nature, les forêts, les montagnes. Ce qui, pour une génération née dans les années quatre-vingt, ayant grandi au son de musiques de danse, électro-pop, hip-hop, R'n'B, etc, paraissait nouveau et anticonformiste. 

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On s’est alors enflammé pour l’Américano-Vénézuelien Devendra Banhart, à l’allure de néo-hippie christique, les deux sœurs Casady, du duo Coco Rosie, l’un et les autres passées par Paris, le groupe franco-américain Moriarty ou encore le duo frère et sœur australien Angus et Julia Stone, un grand succès mondial. C’est dans ce contexte qu’en 2008, un groupe débutant, tout jeune, dont les membres avaient vingt-deux ans d’âge moyen, a fait alors une entrée éblouissante. Il s’appelait Fleet Foxes. 

Son premier album, sans titre, a été un coup de maître et a rencontré un immense succès mondial, mérité. La couverture du livret du CD, je m’en souviens, c’était si différent de tout ce qu’on voyait alors, représente un détail d’une peinture du seizième siècle, un des « Proverbes » peints par le Flamand Bruegel l’Ancien, représentant une scène de festivités villageoises. 

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À la source des Fleet Foxes, il y avait le chanteur et compositeur Robin Pecknold et son camarade Skyler Skjelset. Ces deux-là s’étaient connus dans un lycée d’une banlieue de Seattle. Ils avaient chanté à la chorale, ça s’entendait dans leurs voix, très assurées. 

Admirateurs de Elliott Smith, le poète du nord de la Côte Ouest, entre grunge, folk et pop baroque, ils avaient aussi découvert des merveilles très inspirantes dans la discothèque de leurs parents : les Zombies de l’album Odessey and Oracle, que certains n’hésitent pas à placer au-dessus du Sgt Pepper des Beatles, Simon and Garfunkel, Crosby, Stills and Nash ou encore les Beach Boys de la période psychédélique, qui n’ont pas fini de fasciner des générations successives de musiciens. 

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Un séjour en Angleterre les a aussi familiarisés avec le folk électrique anglais de la fin des années soixante, des groupes comme Pentangle ou Fairport Convention, chez lesquels le folk avait souvent le parfum et le swing du jazz. On aurait pu imaginer que le deuxième album des Fleet Foxes, « Helplessness Blues », ne retrouve pas la beauté et la force du premier. Eh bien, en fait, si, le résultat était à la hauteur de leurs ambitions.

Fleet Foxes : 

  • « White Winter Hymnal » extrait de l’album « Fleet Foxes » 
  • « Montezuma » extrait de l’album « Helplessness Blues » 

Father John Misty : « To S. » single 

Fleet Foxes : 

  • « Featherweight » extrait de l’album « Shore » 
  • « Third of May/ Ōdaigahara » extrait de l’album « Crack-Up » 
  • « If You Need to, Keep Time on Me » extrait de l’album « Crack-Up » 
  • « Helplessness Blues » extrait de l’album « Helplessness Blues » 
  • « In the Morning - Live in Switzerland » single 
  • « Tiger Mountain Peasant Song » extrait de l’album « Fleet Foxes » 
  • « Crack-Up - Choral Version » single 
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