Sylvie Simmons est une journaliste musicale réputée, et elle est l'auteure de plusieurs biographies dont "I'm your man : la vie de Leonard Cohen" parue aux Editions L'Echappée. Michka Assayas l'a rencontrée.

Leonard Cohen sur scène le 11 septembre 2013 à Dublin, Irlande.
Leonard Cohen sur scène le 11 septembre 2013 à Dublin, Irlande. © Getty / Phillip Massey / WireImage

"(...)Sylvie Simmons a tissé un rapport très étroit avec Cohen de son vivant. Pendant une quinzaine d’années, jusqu’à la fin, elle l’a rencontré, longuement interrogé, et même carrément mis sur le grill, sans complaisance. En retour, Leonard a accordé à Sylvie une confiance totale : il lui a ouvert toutes ses archives, carnets, photos, correspondances, lui a fourni les numéros de téléphone et e-mails de tous ses proches, amis de jeunesse, relations professionnelles, sans oublier ceux des femmes qui ont compté dans sa vie, une liste assez longue. C’est peu dire qu’on apprend, dans cette biographie, des choses dont on ne se doutait absolument pas sur la vie de Leonard Cohen. Sur la profondeur de sa dépression, au sens clinique, qu’il a combattue en vain par tous les moyens -drogues illégales et légales-, sur ses tendances suicidaires, sa violence envers lui-même, sa recherche désespérée d’une discipline intérieure et les tortures qu’il s’infligeait, juste pour survivre. C’est une lecture captivante, le récit d’une vie qui a traversé toutes les tempêtes du monde de l’après-guerre, dont nous sommes issus. Les révolutions -Cohen était à Cuba- les guerres, il est parti pour Israël pendant l’offensive égypto-syrienne du Kippour, en 1973, en Éthiopie aussi. Et aussi toutes les tempêtes intérieures : ses hallucinations à la Rimbaud sur l’île grecque de Hydra, sa pratique de rituels de magie noire pour conquérir les femmes qui lui échappaient, en l’occurrence la chanteuse Nico, sa fascination bizarre pour les armes à feu, son goût pour la provocation envers son public, à ses débuts, qui rappelle Lou Reed à ses sommets d’intoxication, son goût pour la mortification au monastère zen, qu’il appelait « le Zen vu par le bataillon des Marines ». La vie l’a ballotté, dérouté, torturé, chaque jour Cohen a eu l’impression qu’il allait se noyer, et pourtant il a toujours trouvé la force d’ouvrir un carnet, de prendre sa guitare ou d’allumer un synthétiseur famélique. On apprend par exemple que, pour écrire la chanson « Hallelujah », il a griffonné pendant quatre ans des pages et des pages et que, toujours, il est revenu au manuscrit pour que, tout simplement, chaque vers, chaque mot, chaque silence, même, de la chanson soit juste. J’ai été tellement intrigué par ces révélations que j’ai tenu à recueillir le témoignage intime de Sylvie Simmons qui, au cours de ces quinze dernières années, a eu pour ainsi dire accès à tous les secrets de Leonard Cohen. Sylvie est une femme très sympathique et attachante. Elle vit seule au dernier étage d’une maison située dans le quartier mexicain de Mission, à San Francisco, depuis une bonne vingtaine d’années.(...)"

►►► ALLER PLUS LOIN - "Mon amour éternel, nous nous reverrons" : la lettre de Leonard Cohen à Marianne 

Leonard Cohen : 

« I’m Your Man » extrait de l’album « I’m Your Man » 

« Field Commander Cohen » extrait de l’album « New Skin for the Old Ceremony » 

« Dress Rehearsal Rag » extrait de l’album « Songs of Love and Hate » 

« Everybody Knows » extrait de l’album « I’m Your Man » 

« So Long, Marianne » extrait de l’album « Songs of Leonard Cohen » 

  • "I’m Your Man. La vie de Leonard Cohen" ("I’m Your Man. The Life of Leonard Cohen"), de Sylvie Simmons, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Elisabeth Domergue et Françoise Vella, aux Editions de L’Echappée
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