Ce soir dans Very Good Trip, hommage à Daniel Johnston, un artiste prolifique et très respecté dans le milieu du rock alternatif et du lo-fi, mort à 58 ans.

Daniel Johnston, éloge d’un génie perdu.
Daniel Johnston, éloge d’un génie perdu. © Getty / Scott Dudelson

« Life in Vain », non, ce n’était pas la reprise d’une chanson obscure de Bob Dylan, Neil Young ou Lou Reed. Mais les mots et la voix d’un homme qui, pour quelques-uns, a peut-être eu autant d’importance que ces trois-là réunis. Une voix à la présence intense, en tout cas, même si elle n’était connue et appréciée que d’une confrérie de passionnés tout autour du monde. Une voix qui vient de s’éteindre. 

Celle d’un auteur de chansons, interprète, dessinateur aussi, qui s’appelait Daniel Johnston. Il était capable, et ce titre de 1994 en témoigne, de vous bouleverser en mettant à nu avec la franchise d’un enfant : « C’est si dur d’être en vie, chantait-il, quand on se sent comme un mort-vivant ». 

Daniel Johnston parlait d’expérience

Diagnostiqué schizophrène assez tardivement, à partir de la trentaine, atteint de troubles bipolaires, il y a trente ans on disait maniaco-dépressif, cet homme a dû faire plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Mais c’était un musicien né, il avait ça dans le sang, même si c’était pour lui une épreuve -et une nécessité- de sortir quelque chose de ses entrailles. 

Comme l’a dit un de ses nombreux admirateurs, j’y reviendrai, Jeff Tewwedy, le chanteur et compositeur du groupe du Midwest américain Wilco, « Daniel est arrivé à créer des chansons malgré sa maladie mentale et non à cause d’elle. Il a été honnête dans sa façon de décrire ce qu’il endurait sans pour autant insister sur le sujet ». 

Il y avait en effet beaucoup de joie, aussi, dans les sujets qu’il choisissait pour ses chansons : les Beatles, qui avaient déterminé sa vocation et auxquels il avait consacré une chanson qui s’appelait, tout simplement, « The Beatles ». 

« À dix-neuf ans, avait-il déclaré avec la candeur dont il était coutumier, je voulais être les Beatles. J’ai été déçu quand je me suis aperçu que je ne savais pas chanter ». Mais ça n’a pas arrêté Daniel Johnston. Rien ne l’a arrêté. Parce que composer des chansons et les interpréter à sa façon relevait pour lui de la nécessité intérieure.

Daniel Johnston : 

  • « Life in Vain » extrait de l’album « Fun » 
  • « Love Wheel » extrait de l’album « Fun » 
  • « High Horse » extrait de l’album « Is and Always Was » 
  • « I Had Lost My Mind » extrait de l album « Is and Always Was » 

P : « I Save Cigarette Butts » extrait de l’album « P » 

Daniel Johnston : 

  • « Love Not Dead » extrait de l’album « Fear Yourself »
  • « Some Things Last a Long Time » extrait de l’album « 1990 » 

Beck : « True Love Will Find You in the End » extrait de l’album Artistes divers « The Late Great Daniel Johnston : Discovered Covered » 

A Camp : « Walking the Cow » extrait de l’album « A Camp » 

Sparklehorse/Flaming Lips : « Go » extrait de l’album Artistes divers « The Late Great Daniel Johnston : Discovered Covered » 

Karen O, THE KIDS : « Worried Shoes » extrait de l’album « Where the Wild Things Are Motion Picture Soundtrack : Orignal Songs by Karen O and the Kids » 

Daniel Johnston : 

  • « Devil Town » extrait de l’album « 1990 » 
  • « Light of Day » extrait de l’album « Is and Always Was » 
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