Comme ses dictionnaires, Michka Assayas sait tout, connait tout et surout il le partage !

Archet de violoncelle qui joue dans tous les sens.
Archet de violoncelle qui joue dans tous les sens. © Getty / Alex Minkin

"(...)Alors, quand je dis musicien new-yorkais, il faudrait préciser : new-yorkais d’adoption. Parce que Arthur Russell a suivi un parcours peu banal avant d’arriver là, un parcours fait de rencontres et d’expériences singulières. C’était un garçon de l’Amérique profonde, du Midwest. Il avait grandi à Oskaloosa, la petite ville de l’Iowa où il était né et dont son père, militaire, était le maire. Une ville de garnison, à l’origine, dont la richesse, il y a plus d’un siècle, venait de l’exploitation des mines de houille. Pas très à l’aise dans son milieu, le jeune Arthur, qui étudie le violoncelle, lequel restera son instrument de prédilection, et le piano, se réfugie tôt dans un monde intérieur fait de lectures. C’est la fin des années 60. Des lectures qui lui donnent envie de partir sur les routes, de mener une vie aventureuse de poète beatnik, ouvert à toutes les expériences et toutes les rencontres. C’est ainsi qu’à dix-huit ans, en 1969, il se retrouve à San Francisco au sein d’une communauté bouddhiste qui prône l’abandon de tous les biens matériels. Le garçon n’a pas grand chose, à part son violoncelle dont il refuse de se séparer et joue en cachette, caché, paraît-il, dans un placard. À San Francisco, il rencontre une figure phare de la beat generation, Allen Ginsberg, initié lui aussi au bouddhisme. Le garçon accompagne au violoncelle les lectures que fait Ginsberg de ses poèmes. Il en restera d’ailleurs une trace enregistrée. Un compagnon de Ravi Shankar, Ali Akbar Khan, joueur de sarod, une sorte de luth indien, initie un jeune Arthur Russell à la musique hindoustanie, qu’on pratique dans le nord de l’Inde. Quelques années plus tard, il suit Ginsberg à New York, qui lui trouve une chambre mitoyenne de son modeste logement de l’East Village, et lui offre l’électricité grâce à une simple rallonge passant dans le couloir. Durant ces années-là, Russell survit grâce à de petits boulots et continue à étudier la musique. Ginsberg l’introduit dans le milieu de la musique contemporaine et de l’avant-garde.(...)"

Arthur Russell : 

  • « This Is How We Walk on the Moon » extrait de l’album « Another Thought » 
  • « Being It » extrait de l’album « World of Echo » 
  • « Keeping Up » extrait de l’album « Corn » 
  • « Another Thought » extrait de l’album « Another Thought » 
  • « Answers Me » extrait de l’album « World of Echo » 
  • « Oh Fernanda Why » extrait de l’album « Love Is Overtaking Me » 
  • « A Little Lost » extrait de l’album « Another Thought » 
  • « Make 1,2 » extrait de l’album « Calling Out of Context » 
  • « Your Motion Says » extrait de l’album « Love Is Overtaking Me » 
  • « In the Light of the Miracle » extrait de la compilation « The World of Arthur Russell » 
  • « Come to Life » extrait de l’album « Keep the Lights On - Featuring the Music of Arthur Russell » 

Vous les avez presque entendus cette semaine : 

Le mercredi 25 avril : 

Songs : Ohia : 

  • « Ghost Tropic 2 » extrait de l’album « Ghost Tropic » 
3'09

Songs : Ohia : « Ghost Tropic 2 » extrait de l’album « Ghost Tropic »

Par Stéphane Ronxin
  • « Incantation » extrait de l’album « Ghost Tropic » 
11'45

Songs : Ohia : « Incantation » extrait de l’album « Ghost Tropic »

Par Stéphane Ronxin
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