La seule substance qui rend euphorique Michka Assayas est la programmation musicale qu'il vous a concoctée, il n'a besoin de rien d'autre... À consommer sans modération !

Kalàscima, en concert pendant le Festival folklorique international de Plasencia, (dans l'ouest de l'Espagne), le 24 août 2018.
Kalàscima, en concert pendant le Festival folklorique international de Plasencia, (dans l'ouest de l'Espagne), le 24 août 2018. © Maxppp / EPA / EDUARDO PALOMO

Kalàscima, est né il y a une bonne d’années dans une petite ville qui s’appelle Alessano, située à l’extrême pointe du talon de la botte italienne, une partie des Pouilles qu’on appelle le Salento. 

Les frères Ricardo et Federico Lagana et leurs camarades chantent et jouent ensemble depuis l’enfance. Alors il existe une expression musicale mondialement connue née dans les Pouilles, une danse au rythme de transe frénétique qu’on appelle la tarentelle. La légende dit qu’on la dansait à l’origine pour expulser le venin de la tarentule, cette grosse araignée dont on croyait, à tort, que le venin pouvait être aussi mortel que celui de la vipère. 

Il existe un groupe plus ancien, il est né il y a une quarantaine d’années dans la région des Pouilles, un groupe historique qui s’appelle Canzoniere Grecanico Salentino. Je l’ai diffusé il y a longtemps déjà dans Very Good Trip sur France Inter, plus de deux ans. Canzoniere a déjà adapté la tarentelle aux musiques populaires actuelles, au pluriel. Kalàscima, le groupe que vous venez d’entendre, appartient à une génération plus récente et est allé plus loin dans la fusion de cette musique avec d’autres musiques de transe. Le titre de son avant-dernier album, Psychedelic Trance Tarantella, sorti en 2014, l’indique déjà assez clairement. J’ai écouté en diagonale le dernier qui s’appelle K, comme la lettre, c’est très riche et varié, il y a de l’électro-pop, on l’a entendu dans le titre que je vous ai fait écouter, « Your Beat », qui rappelle fortement le groupe écossais Django Django, il y en a quelques-uns parmi vous qui connaissez sûrement, en tout cas je l’ai souvent diffusé. Et aussi des sonorités celtiques, des rythmes d’Afrique du nord, des polyphonies. 

Kalàscima mélange son amour des instruments archaïques et rares aux musiques et styles de son temps, comme beaucoup de musiciens traditionnels l’ont toujours fait et le font encore. Ils recourent, j’ai relevé, à la zampogna, une sorte de cornemuse archaïque, à la chalemie, c’est un ancêtre du hautbois qui nous vient de l’Espagne musulmane, le launeddas, une clarinette sarde, et l’organetto, un petit accordéon calabrais. Et ils mêlent ça aux instruments du rock et aux machines de l’électro. Cette transe aussi joyeuse qu’intense a emmené Kalàscima tout autour du monde. Le groupe a participé à de nombreux festivals internationaux, il est allé jusqu’en Australie et au Japon, au Brésil, chez nous aussi, évidemment, aussi, bref, il est connu dans le monde entier.

  • Kalàscima : « Your Beat » extrait de l’album « K » 
  • Hey! Douglas : « Ayva Çiçek Açmış » (featuring Gaye Su Akyol) single 
  • Monsieur Doumani : « Drinking and Kissing » extrait de l’album « Angathin » 
  • Ammar 808 : « Boganga & sandia » (featuring Mehdi Nassouli) extrait de l’album « Maghred United »
  • Imarhan : « Alwa » extrait de l’album « Temet » 
  • Angélique Kidjo : « Born Under Punches » extrait de l’album « Remain in Light » 
  • Manou Gallo : « You » (featuring Benoît Vanderstraeten & Nicolas Drici) extrait de l’album « Afro Groove Queen » 
  • Razia : « Lalagny Araiky » extrait de l’album « The Road » 
  • Anandi Bhattacharya : « Aurora » extrait de l’album « Joys Abound » 
  • Dirtmusic : « Safety in Numbers » (featuring Brenna MacCrimmon) extrait de l’album « Bu Bir Ruya » 
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