Michka Assayas vous emmène ce soir en Irlande, pour écouter du bon vieux blues, et même du rock de derrière les fagots avec un maître en la matière !

Photo de Rory Gallagher en 1970.
Photo de Rory Gallagher en 1970. © Getty / Fin Costello / Redferns

Peut-être que, à ceux qui ont, je ne sais pas, mettons, moins de cinquante ans, le nom de Rory Gallagher ne dira pas grand- chose. À ceux-là j’indiquerais que ce guitariste irlandais a été, dans toute l’Europe et particulièrement en France, où, vraiment, on l’adorait, un des musiciens les plus populaires des années soixante-dix. 

Pas une rock star, non, en fait plutôt le contraire. Rory Gallagher, en France on disait "Gallagaire", était un gars d’une simplicité totale, qui, de toute sa vie, n’avait jamais vu l’intérêt de s’habiller autrement que dans la vie courante pour monter sur scène. Il se pointait avec sa paire de jeans, sa chemise à carreaux, ses pataugas usées, il branchait sa Fender Stratocaster et c’était parti. Il faisait le show et rendait le public fou de joie. 

Pour vous donner une idée de la réputation de Rory Gallagher comme guitariste de blues, il faut savoir qu’il avait été pressenti en 1975 pour remplacer Mick Taylor au sein des Rolling Stones. Quand il a débarqué dans un hôtel à Rotterdam, aux Pays-Bas, on lui a dit que Keith Richards allait le recevoir. Seulement Keith était, paraît-il, dans un état semi-comateux, et Rory a vainement attendu que celui-ci se réveille. Alors il n’a pas pris racine, il s’est tiré de là et est reparti chez lui, d’où il devait s’envoler pour une tournée au Japon. Sans regrets. 

À ses yeux, je le cite, la musique des Stones avait pris un tournant trop commercial. Rory Gallagher était comme ça. Cet Irlandais qui, dès son plus jeune âge, n’avait vécu que par et pour la musique, n’avait aucun intérêt pour le cirque avec lequel on confond trop souvent le rock’n’roll. 

C’est vrai, il n’avait rien de la rock star ni même du rocker lambda : il ne disait pas de gros mots, il ne se droguait pas, même pas un pétard et ne draguait pas les filles en tournée, laissant ça à ses accompagnateurs et à son équipe. Et ce type humble, timide et effacé dans la vie de tous les jours se transformait, dès qu’il montait sur une scène, en une sorte de possédé capable de magnétiser le public.

Rory Gallagher : 

  • « Who’s That Coming? - Tattoo Session/ Alternative Acoustic Take/1973 » extrait de l’album « Blues (Deluxe) » 
  • « Big Guns » (Remastered 2017) extrait de la compilation « Kickback City » 
  • « Doing Time » (Remastered 2017) extrait de la compilation « Kickback City » 
  • « In Your Town » (Remastered 2017) extrait de la compilation « Kickback City » « Loanshark Blues » (Remastered 2017) extrait de la compilation « Kickback City » 
  • « Nothin’ But the Devil - Against the Grain Session/1975 » extrait de l’album « Blues (Deluxe) » 
  • « Whole Lot of People - Deuce Session/ Alternative Acoustic Take/1971 » extrait de l’album « Blues (Deluxe) » 
  • « Seven Days » extrait de la compilation « Kickback City »  
  • « The Devil Made Me Do It » extrait de la compilation « Kickback City » 
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