Ce soir, on fête le retour d’un visionnaire du rock, peut-être le dernier. Et qui a décidé de rencontrer le vingt et unième siècle.

Jack White
Jack White © Getty / Rick Diamond

_"(...) Ah, on le reconnaît, bien sûr, dans ce titre qui s’appelle « Over and Over and Over » mais enfin avouez que c’est bizarre. Jack White, c’était lui, est de retour et présente un nouvel album qui s’appelle « Boarding House Reach ». Alors, je le souligne tout de suite parce que ça vous a peut-être échappé, Jack White sera présent parmi nous jeudi prochain. Soit le 29, sur la scène du studio 104 de Radio France pour France Inter. C’est une exclusivité mondiale, j’aime bien dire ça, et ça nous met particulièrement en joie. Bon, qui ne connaît pas les White Stripes, qui n’a jamais entendu de sa vie « Seven Nation Army », dont le riff est aujourd’hui entonné par tous les supporters de football dès que leur équipe marque un but, ou pas, d’ailleurs, ou encore hurlé par des manifestants ou même joué par des fanfares ? Un destin étonnant pour un riff de guitare que Jack White a trouvé en cinq minutes alors qu’il réglait une balance en Australie en 2002. Il avait alors vingt-sept ans et jouait en duo avec son ex-femme, Meg White, une batteuse à peine compétente, au niveau rudimentaire, mais c’est justement ça qui faisait le charme et la magie des White Stripes. Un duo qui, au début de notre nouveau siècle, a apporté une jeunesse nouvelle au blues et au rock’n’roll en faisant retrouver la sauvagerie et, surtout, la naïveté, l’esprit d’enfance de ces musiques à leurs débuts. D’ailleurs, à l’époque, les enfants, bien plus que les adultes, ont tout de suite capté les White Stripes. Jack White a fait beaucoup de chemin depuis. Après la fin du duo, en 2007, il a participé à deux autres groupes, les Raconteurs, avec son camarade de Détroit Brendan Benson, et aussi The Dead Weather, avec Alison Mosshart, la chanteuse américaine des Kills. Il a aussi publié deux excellents albums en solo, Blunderbuss en 2012 et Lazaretto en 2014. Et puis il a fondé une compagnie de disques à Nashville, Third Man, qui a publié quantité de vinyles, enregistrés, bien sûr, avec du matériel vintage. Jack White, tapissier de formation, restaurateur de mobilier d’origine, a même entrepris de reconstituer une cabine d’enregistrement des années 40 pour les besoins d’un album de Neil Young. Ce nouvel album, Boarding House Reach, il en a enregistré les maquettes à Nashville dans un appartement quasiment vide, armé du petit magnétophone à bandes qu’il s’était procuré à ses débuts, dans les années 90. Mais enfin le vintage s’arrête là. Parce qu’ensuite, en studio à Nashville, New York et Los Angeles, Jack White a utilisé, pour la première fois, les logiciels, comme ProTools, qui sont monnaie courante dans la façon dont on produit de la musique aujourd’hui, en particulier dans le hip-hop et le R & B. Entre-temps il a, c’est vrai, travaillé auprès de Beyoncé pour son album Lemonade et aussi le légendaire groupe de hip-hop new-yorkais A Tribe Called Quest. C’est un enregistrement très déconcertant à la première écoute où Jack White non seulement rappe mais utilise beaucoup de son et procédés du hip-hop. Inattendu pour celui qui, dans son lycée de Détroit, où les Noirs étaient majoritaires, avait, contrairement à son contemporain Marshall Mathers, alias Eminem, du même âge et de la même ville que lui, Détroit, tourné le dos au hip-hop et préféré se diriger vers le passé, le blues. Mais au fond tout ça, c’est la même source, le reste est une affaire de style et d’esthétique, choses qui comptent énormément pour l’artiste méticuleux qu’est Jack White...."_

Programmation musicale :

  • Jack White, « Over and Over and Over » album « Boarding House Reach »
  • Moby, « Like a Motherless Child – Edit » Single 
  • Joseph J. Jones, « Crawl » Single
  • Nathaniel Rateliff & the Night Sweats, « You Worry Me » album « Tearing at the Seams »
  • Young Fathers, « In My View » album « Cocoa Sugar »
  • Shirt, « PALACE INTRIGUE » album « PURE BEAUTY »
  • Migos, « Auto Pilot » album « Culture II »
  • Wiley, « Remember Me » single 
  • Da Beatfreakz x Giggs, « Swingin in da Whip » single 
  • Bishop Nehru, « Driftin’ » album « Elevators : Act I & II »
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