Ce soir, c’est simple. On célèbre la voix unique et le monde musical, la formule n’est pas excessive, de Scott Walker, dont on vient d’apprendre la disparition. Un musicien qui venait d’une autre planète, on peut même dire que c’est lui qui l’avait créée.

Scott Walker, du groupe "The Walker Brothers" sur le plateau de l'émission télé "Thank Your Lucky Stars" (Royaume-Uni, 1965)
Scott Walker, du groupe "The Walker Brothers" sur le plateau de l'émission télé "Thank Your Lucky Stars" (Royaume-Uni, 1965) © Getty / Stanley Bielecki/ASP

« The Old Man’s Back Again », le vieux est de retour, une chanson signée et interprétée par Scott Walker en 1969, extraite de son quatrième album en solo, Scott Four. Pas une des plus connues, non, mais une des plus intéressantes. Scott Walker est un chanteur américain alors âgé de trente-cinq ans. Il vit en Angleterre, où il a connu la gloire et même l’adulation des jeunes filles au sein du trio des Walker Brothers, qui n’étaient pas des frères. Un boy band avant la lettre. Et Walker n’était d’ailleurs pas son nom. Il a résolument tourné le dos à cette gloire, refusant d’interpréter les chansons qu’on lui imposait. Il s’est réinventé en autre chose : un auteur-compositeur-interprète littéraire et poétique, sorte d’étrange crooner froid, sans swing, à la diction emphatique et théâtrale. Oui, sans swing, mais habité par une sorte d’intensité glacée, comme un mordant feutré qui sera le grand modèle de David Bowie, qui n’a jamais caché qu’à ses débuts il n’avait qu’une ambition : être Scott Walker.

Le rock, pour Bowie, ne fut d’ailleurs qu’un instrument, un accessoire comme un autre, au sein de son théâtre. Pour Scott Walker, le rock’n’roll était une très vieille histoire, il en avait connu les débuts à New York puis Los Angeles et en avait chanté enfant. Il s’en était éloigné, mais d’une tout autre façon que les musiciens entraînés par le courant psychédélique et hippie, pour lequel son indifférence était totale. Au temps où beaucoup se passionnaient pour Grateful Dead et Jefferson Airplane, pionniers de la révolution psychédélique, lui se passionnait pour les chansons de Jacques Brel, qu’il interprétait en anglais dans des adaptations faites par Mort Shuman. D’ailleurs Scott Walker, en solo, qui a publié entre 1967 et 1970 quatre albums au succès décroissant, n’intéressait pas du tout le public très jeune. Vous ne pouviez pas aimer les Stones, Pink Floyd ou même Bob Dylan et, en même temps, Scott Walker, ce chanteur qui semblait d’un autre temps, comme en noir et blanc, sorte de cousin nordique de Frank Sinatra ou Gilbert Bécaud, voire de Charles Aznavour, dont il a repris des chansons.

[...] la suite à écouter !

Les titres de Scott Walker diffusés ce soir :

  • "The Old Man's Back Again"
  • "The Girls from the Street"
  • "30th Century Man"
  • "Duchess"
  • "Two Weeks Since You've Gone"
  • "It's Raining Today"
  • "Plastic Palace People"
  • "On Your Own Again"
  • "Angels of Ashes"
  • "Tilt"
  • "A Lover Loves"
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