Ce soir, on va faire un voyage dans le temps et ça s'entend...

Ringo Starr (droite) félicite Geoff Emerick (gauche) pour son Grammy Award aux studios EMI à Londres, le 7 mars 1968
Ringo Starr (droite) félicite Geoff Emerick (gauche) pour son Grammy Award aux studios EMI à Londres, le 7 mars 1968 © Getty / Monti Spry / Presse centrale / Archives Hulton

Notre guide, celui que nous célébrons ce soir, c'est Geoff Emerick. Cet homme là fut bien plus que l’ingénieur du son des Beatles du début jusqu’à la fin, de « Love Me Do » à l’album Abbey Road... 

George Martin, superviseur et réalisateur artistique, suggérait des changements de rythme et des orchestrations, il veillait à l’exécution, son cadet Geoff Emerick, lui, se chargeait de la prise de son. Un rôle qu’on peut imaginer simple quand on n’est pas du métier : il s’agit de placer les bons micros aux bons endroits, pourrait-on penser naïvement. N’importe qui, muni d’une bonne formation, devrait savoir le faire. 

Maintenant, mettez-vous à la place de Geoff Emerick, un garçon de vingt ans fraîchement sorti d’un collège technique du nord de Londres face à John Lennon qui vous dit : « Écoute, j’ai envie que ma voix sonne comme s’il y avait des milliers de moines tibétains en train de chanter en même temps ». Alors, évidemment, vous faites des yeux ronds parce que vous n’êtes pas sûrs de bien comprendre. Lennon essaie d’être plus clair et vous dit : « C’est pourtant simple. Imagine que je suis le Dalaï Lama et que je chante depuis le plus haut sommet du Tibet. » Alors vous n’avez pas le choix. Il faut trouver une idée, des idées... 

Son exemple nous rappelle que s’il n’y avait pas eu de poètes du son comme lui, il n’y aurait pas eu de poètes tout court dans le rock au sens large. Alors ce soir, on lui rend hommage via les Beatles et via d'autres qui ont suivi.

Le chef-d’œuvre de Sgt Pepper reste la plus grande fierté du regretté Geoff Emerick dont on appris la mort au début du mois d’octobre dernier, à l’âge de soixante-douze ans. 

Si vous êtes curieux d'en savoir plus, alors il vous faut lire son livre, _En studio avec Les Beatles : les mémoires de leur ingénieur du son (_Le mot et le reste, 2009)

  • The Beatles : « Tomorrow Never Knows » extrait de l’album « Revolver » (remasterisé en 2009)
  • The Beatles : « Being for the Benefit of Mr. Kite! » extrait de l’album « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » (remasterisé en 2009) 
  • The Zombies : « Time of the Season » extrait de l’album « Odessey and Oracle » (1968)
  • Stealers Wheel : « Stuck in the Middle with You » extrait de l’album « Stealers Wheel » (1972)
  • Steve Harley & Cockney Rebel : « Mr. Soft » extrait de l’album « The Psychomodo » (remasterisé en 2012) 
  • Split Enz : « My Mistake » extrait de l’album « Dizrythmia » (1977)
  • Cheap Trick : « World’s Greatest Lover – Single Version » extrait de l’album « The Epic Archive Vol. 2 (1980-1983) » (2015)
  • Chris Bell : « You and Your Sister – Single Version » extrait de l’album « I Am the Cosmos » (1992)
  • Supertramp : « Give a Little Bit » extrait de l’album « Even in the Quietest Moments… » (1977)
  • Elvis Costello & the Attractions : « You Little Fool » extrait de l’album « Imperial Bedroom » (1982)
  • Magic Numbers : « She’s Leaving Home » lien 
  • The Beatles : « A Day in the Life » extrait de l’album « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » (remasterisé en 2009) 
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