Ce soir, dans Very Good Trip, on reste en compagnie de notre invité de la semaine. Un seul homme, oui, mais, vous allez l’entendre, plusieurs musiques et même plusieurs voix à lui tout seul.

Damon Albarn, le cofondateur, chanteur, musicien et compositeur des groupes Blur, Gorillaz et The Good, the Bad and the Queen avec Africa Express en concert  le 29 mars 2019 à Londres.
Damon Albarn, le cofondateur, chanteur, musicien et compositeur des groupes Blur, Gorillaz et The Good, the Bad and the Queen avec Africa Express en concert le 29 mars 2019 à Londres. © Getty / Robin Little / Redferns

Damon Albarn, vous l’avez peut-être entendu hier et avant-hier soir dans Very Good Trip sur France Inter, nous avons longuement parlé avec lui de l’élaboration du nouvel album de Gorillaz. Et aussi de la façon dont il avait traversé cette étrange année 2020, durant laquelle il est tout de même parvenu à monter un spectacle, un opéra dont j’ai pu assister à l’une des trois uniques représentations données au théâtre du Châtelet à Paris. 

Le Vol du Boli, composé et conçu avec le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako et créé grâce à une troupe merveilleuse de chanteurs, danseurs et musiciens africains et européens. Une immense réussite, enthousiasmante. 

Ce soir, je me suis offert une sorte de plaisir égoïste que j’espère ne pas rester seul à goûter derrière la vitre de mon studio-aquarium. Je me suis baladé, comme ça, les mains dans les poches, au cœur du labyrinthe que représente tout ce qu’a pu enregistrer Damon Albarn en compagnie d’une foule de musiciens aux origines très variées en l’espace d’une trentaine d’années. Enfin, ce serait peut-être mieux de dépeindre tout ça comme les allées d’un grand marché à ciel ouvert où toutes les saveurs, les couleurs, les parfums s’entremêlent et vous étourdissent. 

En trente ans, Damon Albarn, j’allais dire a goûté à tout, il vaudrait peut-être mieux dire a à peu près tout cuisiné. Des chansons de music-hall moderne ancrées dans l’art du croquis social, entre tendresse et ironie, un courant qui a parcouru un groupe classique comme les Kinks et s’est prolongé dans la période de l’après punk, je pense à des groupes comme XTC et Madness, qui ont beaucoup marqué la jeunesse de Damon Albarn. 

Damon Albarn a abordé plein de styles différents, à l’image d’un de ses modèles, David Bowie. Il a vite éprouvé le désir, alors qu’il n’avait qu’une petite trentaine, de laisser Blur de côté pour entreprendre d’autres voyages musicaux. 

La découverte de la musique malienne, en particulier, l’a entraîné dans une direction inattendue. Plus que de découverte, on peu même parler, dans son cas, de révélation. La passion avec laquelle Damon Albarn m’a parlé, hier, de ses séjours au Mali et de sa fierté d’avoir acquis là-bas un titre officiel, décerné par une confrérie, m’a beaucoup frappé. 

Et puis, bien sûr, il y a une vingtaine d’années, il a décidé de renouveler sa musique de fond en comble en abordant l’électro, le dub, le hip-hop, toutes ces musiques qui l’avaient accompagné sans qu’il ait su jusque là comment les incorporer au sein du groupe dont il était le chanteur et unique parolier. 

Le groupe imaginaire, aux personnages de dessin animé, Gorillaz, lui a permis de donner forme à ces chansons différentes. Mais il y a au aussi d’autres aventures, le groupe The Good, the Bad and the Queen, en compagnie d’un de ses héros de jeunesse, le bassiste de The Clash Paul Simonon. Et aussi en solo. 

Alors j’ai fait comme d’habitude. Je me suis fait à mon intuition, à mon nez, à mes oreilles, quand même, et j’ai essayé de rassembler ce que j’ai trouvé le plus séduisant. 

Gorillaz :

  • « 5/4 » extrait de l’album « Gorillaz » 
  • « Stylo » (featuring Mos Def and Bobby Womack) extrait de l’album « Plastic Beach » 

The Good, the Bad & the Queen : « History Song » extrait de l’album « The Good, the Bad & the Queen » 

Damon Albarn : « Mr. Tembo » extrait de l’album « Everyday Robots » 

Gorillaz : « Clint Eastwood » extrait de l’album « Gorillaz » 

Blur : « Beetlebum - 2012 Remaster » extrait de l’album « Blur (Special Edition) » 

Massive Attack : « Saturday Come Slow » (featuring Damon Albarn) extrait de l’album « Heligoland » 

The Good, the Bad & the Queen : « Herculean » extrait de l’album « The Good, the Bad & the Queen » 

Blur : « To the End (La Comédie) » (featuring Françoise Hardy) extrait de l’album « The Great Escape (Special Edition) » 

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