Very Good Trip vous offre une soirée consacrée à de jeunes voix soul, exclusivement féminines, oui, exclusivement. Vous l’entendrez, il y en a de vraiment étonnantes et de celles qui vont vous faire vibrer. Accrochez-vous !

 Portrait de la chanteuse et auteure-compositrice Celeste, Salle Pleyel le 23 novembre 2019 à Paris, France.
Portrait de la chanteuse et auteure-compositrice Celeste, Salle Pleyel le 23 novembre 2019 à Paris, France. © Getty / David Wolff - Patrick / Redferns

Si vous êtes de vrais fidèle de cette émission, et comment puis-je imaginer un seul instant que vous ne l’êtes pas, vous vous rappelez forcément que j’avais diffusé fin 2019 une complainte  qui s’appelait « Strange ». Une voix comme usée avant l’âge, juste accompagnée par un piano et un quatuor à cordes, rien de moderne, et qu’on aurait dite sortie d’un autre temps. 

Bon, je ne suis pas la seul dont la mâchoire s’est décrochée quand il a entendu cette chanson, Elton John aussi et la chanteuse la plus aimée au monde par les enfants nés dans les années 2000, j’ai nommé Billie Eilish. 

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Toutes les conditions étaient réunies pour que le monde entier tombe amoureux de la voix de Celeste en 2020 : son album devait sortir au milieu de l’année et, après avoir remporté un Brit Award, l’équivalent britannique des Grammies américains, elle était censée se produire au grand festival de Glastonbury. On a tous vécu la même expérience, la moitié et parfois la totalité des plans qu’on a tous faits pour 2020 sont tombés à l’eau. 

Le premier album de Celeste, « Not Your Muse », sort enfin dans un contexte incertain. Celeste Waite, de son nom complet, a, je vous le disais, une voix sans âge. Qui n’est même pas à contre-courant. Il faudrait plutôt dire qu’elle n’est pas dans le courant mais à côté. Classique. Sans les maniérismes à la mode d’aujourd’hui. Cela tient en partie, sans doute, au parcours particulier de Celeste, qui est à la fois une fille de son temps et quelqu’un qui a cherché et trouvé son identité musicale en puisant à la source d’une autre époque qui lui paraît plus authentique, plus vraie que celle que nous traversons aujourd’hui. 

Enfant, elle a passé beaucoup de temps avec sa grand-mère anglaise qui lui a fait écouter Aretha Franklin, son modèle, mais aussi Billie Holiday. La jeune Celeste a aussi découvert, au hasard des algorithmes de YouTube, le blues de Howlin’ Wolf et Muddy Waters. 

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Même son style vestimentaire pour la vie de tous les jours, elle l’a emprunté à l’élégance classique, un peu stricte, de sa grand-mère. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas de son temps : Celeste a été bercée par le hip-hop américain de Tyler, the Creator ou Kendrick Lamar, on le sent dans sa scansion, et elle a chanté au sein d’un groupe d’électro-pop. 

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Mais, elle a autre chose, une expérience plus profonde de la musique, due, c’est fréquent, à un vide, un manque dans sa vie. Son histoire n’est pas banale. La mère, anglaise et blanche, de Celeste travaillait comme maquilleuse pour le cinéma. Elle a eu un engagement pour une production hollywoodienne et, au cours d’une fête à Los Angeles, elle a rencontré le futur père de sa fille, un Jamaïcain. La naissance de Celeste n’était pas prévue, le couple n’a pas tenu et la mère et le bébé ont pris seules un avion pour l’Angleterre. 

Situation fréquente : le père n’a pas donné signe de vie pendant dix ans, Celeste ne s’entendait pas du tout avec le nouvel ami de sa mère. Et elle a trouvé refuge chez sa grand-mère, amatrice de blues, jazz et soul, je vous le disais. Entre-temps, le père jamaïcain est réapparu et, tristement, il est mort des suites d’un cancer alors que Celeste n’avait que seize ans. Vous avez là tous les ingrédients pour qu’une jeune fille cherche dans la musique et le chant de quoi combler un vide et une douleur que, à ces âges-là, on ressent sans les comprendre. 

Celeste a convaincu, voire stupéfié, au fil des ans, tous ceux, toutes celles qui l’ont entendue chanter, depuis qu’elle s’est lancée dans la petite salle en sous-sol d’un bar de Saltdean, une petite ville balnéaire à l’est de Brighton : la chanteuse Lily Allen, qui l’a prise sous son aile et l’a conseillée, Florence Welch, de Florence and the Machine, qui l’a encouragée, Yannis, le chanteur du groupe Foals, Michael Kiwanuka aussi, jusqu’à Elton John,, je vous le disais. 

Les producteurs du film Netflix the Trail of the Chicago Seven, les Sept de Chicago, ont choisi Celeste pour interpréter la chanson principale du film, citée pour un Golden Globe. 

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La chanson que je vous ai passée, « Stop This Flame », a quelque chose d’irrésistible, qui donne envie de chanter et de danser, on pense aux chansons les plus flamboyantes de Florence and the Machine mais il y a aussi chez Celeste une face sombre, que ce soit dans le remarquable « Strange » ou encore la chanson qui donne son titre à l’album, « Not Your Muse ». Qui peut faire penser à Amy Winehouse, que l’on aura d’ailleurs la joie d’entendre à la fin de cette émission dans un live inédit

  • Celeste : « Stop This Flame » extrait de l’album « Not Your Muse » 
  • H.E.R. : « Fight for You (from the Original Motion Picture « Judas and the Black Messiah ») single 
  • Poppy Ajudha : « Black Joy. Black Peace. Black Justice » single 
  • Arlo Parks : « Hope » extrait de l’album « Collapsed in Sunbeams » 
  • Jorja Smith : « Addicted » single 
  • Tiana Major9 : « Collide - Acoustic » single 
  • Rachel Chinouriri : « Darker Place - Joe Goddard Remix, Radio Edit » single 
  • Sha Sha : « Woza (Radio Edit) » single 
  • Amahla : « Apathy » single 
  • Cleo Sol : « Why Don’t You » extrait de l’album « Rose in the Dark » 
  • Amy Winehouse : « You Know I’m No Good -Live Jo Whiley, BBC Live Lounge Session/ 2007 » single 
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