Ce soir, Very Good Trip va explorer la face intime d’un des musiciens à la fois les plus populaires de la fin du vingtième siècle et aussi un des plus bizarres, quand on y pense.

Portrait des Beatles en 1963.
Portrait des Beatles en 1963. © Getty / Michael Ochs Archives

Pourquoi commencer par « I Am the Walrus » et pas, mettons, par « Imagine »? 

Bon, pas seulement parce que « Imagine » a été galvaudé par son usage dans une ou des publicités et qu’on en a entendu, soyons franc, trop de versions pourries. Mais parce que « I Am the Walrus » correspond à une des facettes les plus étonnantes de John Lennon. Celle qu’il avait déjà fait apparaître dans ses deux recueils de dessins et courtes nouvelles totalement loufoques, In His Own Write et A Spaniard in the Works, parus dès le milieu des années soixante, traduits en français par En flagrant délire et Un glaçon dans le vent, c’était bien trouvé. 

Et pour embrouiller le plus possible les mordus des Beatles qui commençaient à tout interpréter, paroles de chansons, photos, pochettes de disques pour y trouver un sens caché et mystérieux ou des messages subliminaux. 

Ça avait commencé avec Bob Dylan, et, en écrivant et chantant des choses comme « Assis sur un cornflake, j’attends l’arrivée de la camionnette », eh bien Lennon se disait que, forcément, il y aurait des tordus pour y entendre un mystérieux message sur le sens de la vie. Et, bien sûr, ça n’a pas manqué. 

Alors, la force de Lennon, c’est qu’il avait aussi la vision musicale qui allait avec, et dans « I Am the Walrus », George Martin, le réalisateur musical des Beatles, très complice, s’en était donné à cœur joie, une orchestration de cordes et de cuivres rappelant les orchestrations des comédies musicales indiennes, un chœur d’hommes scandant de drôles d’onomatopées, c’était aussi fascinant que mémorable. Et «  I Am the Walrus » est une chanson qui a fasciné les générations suivantes, notamment les frères Gallagher et Oasis qui en faisaient un des temps forts de leurs concerts. 

Mais enfin, même tout seul, Lennon avait cette drôle de voix et cette drôle de scansion, un peu comme un gamin qui s’amuse à déformer et tordre des comptines de cours de récréation. Témoin, ces chansons que vous connaissez sans doute ou sûrement, je ne sais pas, sous une forme de maquettes, esquissées, mais tout est déjà là.

The Beatles : 

  • « I Am the Walrus » extrait de l’album « Magical Mystery Tour (Remastered 2009) » 
  • « Glass Onion - Esher Demo » extrait de l’album « The Beatles » (réédition 2018) 
  • « Mean Mr. Mustard - Esher Demo » extrait de l’album « The Beatles » (réédition 2018) 
  • « Polythene Pam - Esher Demo » extrait de l’album « The Beatles » (réédition 2018) 1’26’’
  • « Come Together - Anthology 3 Version » extrait de l’album « Anthology 3 » 

John Lennon, Yoko Ono : « Yer Blues - Live » extrait de l’album « Live Peace in Toronto » 

John Lennon/Plastic Ono Band : 

  • « I Found Out » extrait de l’album « John Lennon/Plastic Ono Band » 
  • « Working Class Hero » extrait de l’album « John Lennon/Plastic Ono Band » 

The Beatles : 

  • « You’ve Got to Hide Your Love Away - Remastered 2009 » extrait de l’album « Help! » 
  • « Happiness Is a Warm Gun - Anthology 3 Version » extrait de l’album « Anthology 3 » 
  • « I’m So Tired - Anthology 3 Version » extrait de l’album « Anthology 3 » 
  • « Strawberry Fields Forever - Demo Sequence/ Anthology 2 Version » extrait de l’album « Anthology 2 » 
  • « Sexy Sadie - Anthology 3 Version » extrait de l’album « Anthology 3 » 
  • « Julia - Anthology 3 Version » extrait de l’album « Anthology 3 » 
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