Ce soir, on a du public. Enfin, Very Good Trip va rêver qu’on a du public et ce sera en même temps très doux, très cool, ce soir.

L’autrice-compositrice-interprète, Billie Eilish le 9 février 2020 à Hollywood, Californie.
L’autrice-compositrice-interprète, Billie Eilish le 9 février 2020 à Hollywood, Californie. © Getty / Jeff Kravitz/FilmMagic

Des acclamations pour nous accompagner, ça paraît comme irréel, une foule qui exulte et crie sa joie. On a l’impression, après ce qu’on a traversé, que ça provient d’une autre planète dont nous avons été provisoirement expulsés. Et qu’on s’apprête à regagner mais non sans une certaine appréhension, en tout cas sans la même innocence qu’avant. Pour le moment. 

On vient d’entendre une chanson de Billie Eilish, la première star mondiale née au vingt et unième siècle, il fallait bien que ça arrive un jour. Et c’est aussi merveilleux qu’improbable que ce soit tombé  sur elle, une adolescente comme les autres qui ne s’aime pas particulièrement. 

Parce qu’il se dégage d’elle une vérité, une authenticité, je sais bien que le mot est galvaudé, qu’on serait en peine d’associer à des stars du même calibre. D’ailleurs, comme les très grandes, les très grands, il est difficile de comparer Billie Eilsih à qui que ce soit. 

Alors bien sûr, tout ça est du spectacle, du show business, c’est une authenticité mise en scène. Dès qu’un artiste offre son intimité au regard des autres, c’est une forme de mise en scène, qu’il s’agisse d’un écrivain, d’une danseuse ou de quelqu’un qui fait du cinéma. 

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Cet hiver, la plateforme Netflix a diffusé un documentaire consacré à Billie Eilsih intitulé The World’s a Little Blurry, le monde est un peu flou. Où elle met largement en scène son intimité. On la voit aussi, sortant de scène, dire qu’elle a envie de suicider parce qu’elle a oublié les paroles d’une nouvelle chanson. Ou encore, comme si on était dans le salon familial, critiquer la voiture pourrie de ses parents ou parler avec un ex au téléphone. De fait, il n’existe aucune cloison entre la Billie Eilish qui chante et la gamine qui existe à côté. C’est le reflet de notre monde, et ça touche tout un chacun, vieux comme jeunes : il n’y a plus de moi secret et privé, plus de mystère, de frontière entre le privé et le public, tout le monde est invité à se donner en spectacle. Dévoiler des aspects de sa vie intime sur les réseaux sociaux, inonder Instagram de publications sur les dernières aventures de son chien ou la nouvelle couleur de ses cheveux, c’est quelque chose que ne font pas que les stars. Bien au contraire.

  • Billie Eilish : « Ilomilo - Live from the Film - Billie Eilish : The World’s a Little Blurry » single 
  • St. Vincent : « The Melting of the Sun » extrait de l’album « Daddy’s Home » 
  • Sophia Kennedy : « Seventeen » extrait de l’album « Monsters »
  • Juan Wauters : « Estás Escuchando (with El David Aguilar) - Single Edit » single 
  • Sons of Kemet : « To Never Forget the Source » extrait de l’album « Black to the Future » 
  • Rostam : « Changephobia » extrait de l’album « Changephobia » 
  • Mustafa : « Air Forces » extrait de l’album « When Smoke Rises » 
  • Billie Marten : « Liquid Love » extrait de l’album « Flora Fauna » 
  • Powfu : « death bed (coffee for your head) » (featuring beabadoobee) single 
  • Moonshine, Sango, Georgia Anne Muldrow : « Onward » single 
  • Joana Serrat : « Demons » extrait de l’album « Hardcore from the Heart » 
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