Quand We Demain nous parle de sexe, c’est forcément de sexe connecté…

Les sextoys Zeus S et Héra S vibrent chacune en fonction des mouvements de l’autre, le tout synchronisé avec un chat vidéo
Les sextoys Zeus S et Héra S vibrent chacune en fonction des mouvements de l’autre, le tout synchronisé avec un chat vidéo © Getty / CSA Images/Printstock Collection

On va même s’envoyer en l’air. Vous pensiez tout savoir sur Thomas Pesquet, l’occupant français de la Station spatiale internationale… Mais connaissiez-vous l’opération « in bed with Thomas Pesquet », qu’on peut traduire tout bêtement par « au lit avec Thomas Pesquet » ?

On la doit à un programmeur du nom d’Aurélien Fache, dont la nouvelle passion est de détourner des objets connectés en trafiquant les logiciels qui les contrôlent. En l’occurrence, pour vivre cette expérience, il vous faut un sextoy connecté. Oui oui, ça existe et figurez-vous que ça se vend plutôt bien.

Ensuite il vous faut pianoter les quelques lignes de code fournies par le programmeur. Et là – magie – à chaque fois que l’astronaute passe au dessus de la France… Ça vibre !

Mieux vaut ne pas être pressé...

Détrompez-vous : l'ISS avance à une vitesse de 28 000 km/h, ce qui la fait quand même survoler notre pays 16 fois par jour. Mais pour ceux qui trouveraient ça encore un peu juste, 16 vibrations par jour, Aurélien Fache a mené une autre expérience.

C’était en février et, cette fois, ça vibrait dès que sur Twitter quelqu’un reprenait un des hashtags créés pour l’occasion. Tout ça a donné lieu à une sorte de performance live, avec une jeune femme qui s'est portée candidate pour recevoir les stimulations des internautes. Ils ont été 40 000 à suivre ça en vidéo, et notons qu'ils n’ont pas été avare de hashtags.

Derrière l'humour potache 2.0, il y a des questions sérieuses…

Aurélien Fache est un pionnier du web français, cofondateur du site d’actu numérique OWNI, ancien de Dailymotion. Et si ses nouvelles expériences sonnent carrément absurdes, elles nous racontent aussi un peu le monde moderne : un monde en réseau, où le sexe n’échappe pas à la règle, un monde où la connexion repousse sans cesse les frontières de l’intimité et de la vie privée.

Le sexe connecté n’en n’est qu’à ses débuts…

Difficile de dire jusqu’où tout ça ira, mais on a quelques pistes.

Par exemple, ces sextoys baptisés Zeus S et Héra S. Ils se vendent par lot, la version dames et la version messieurs, qui vibrent chacune en fonction des mouvements de l’autre, le tout synchronisé avec un chat vidéo s’il vous plait. Résultat, on peut interagir de n’importe où dans le monde, un peu comme sur ces plateformes vidéo amateur qui se multiplient, où on peut choisir son ou sa partenaire et lui délivrer des vibrations à volonté, contre rémunération cette fois.

Et, allez, dans un autre registre, le premier préservatif connecté ! Il s’appelle i-Con, il est anglais, et sa particularité, c’est de mesurer le rythme de vos ébats, leur durée, votre nombre de calories brûlées de publier tout ça sur les réseaux sociaux si ça vous dit. Moi qui étais justement en train de me lasser de voir mon fil Facebook envahi par les détails techniques du footing dominical de certains amis, j'attends la suite avec impatience.

Des données personnelles à caractère super intime

Ces données entre les mains d’entreprises… Ça craint un peu. Même s’il faut bien distinguer celles qu’on met en ligne par choix et celles qui traînent dans des serveurs à notre insu.

C’est là qu’on revient à nos vibromasseurs. Mi-mars, aux États-Unis, le fabricant WeVibe a été condamné à verser 5 millions $ à des clients. Que lui reprochaient-ils ? De les fliquer à travers son appli mobile, en collectant les horaires d'utilisations, les niveaux d'intensité et même la température de l'appareil… Appareil utilisé par 300 000 personnes...

Maintenant, avant d’aller vérifier, chers auditeurs, s'il n’y a pas une caméra dans votre sextoy (soit dit en passant, ça existe déjà sur le marché), écoutez donc ce que la société FlexiSPY, experte dans les logiciels espions, a présenté en janvier : le premier programme permettant de pirater un vibro. De quoi prendre le contrôle d’une dizaine de modèles, grâce à une faille repérée dans leur connexion Wi-Fi.

Alors pour demain, deux options :

  • Installer un antivirus sur ses jouets pour adultes ou, extravagance ultime…
  • Pratiquer l'amour, déconnecté.
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