Un État qui a voté Clinton à 63 % et qui ne digère toujours pas d’avoir pour président Donald Trump.

Certains Californiens de se séparer du reste des USA. Jerry Brown, gouverneur de Californie, défend ce "calexit" avec ardeur
Certains Californiens de se séparer du reste des USA. Jerry Brown, gouverneur de Californie, défend ce "calexit" avec ardeur © AFP / Nicholas Kamm

Dès sa victoire, beaucoup de responsable économiques et politiques et des dizaines de milliers de citoyens se sont mobilisés. Au point qu’a émergé un nouveau mot en « xit » après le Brexit, c’est le « Calexit », la volonté de certains Californiens de dire good bye au reste de l’union.

Ses partisans espèrent organiser un référendum sur le sujet l’an prochain et pour cela ils cherchent à réunir 600 000 signatures.

Bon, ils n’en n’ont récolté que 20 000 et se heurteraient quoi qu’il arrive à des obstacles constitutionnels… Mais l’État résiste et l’un des leaders de cette fronde c’est son gouverneur démocrate Jerry Brown, dont on peut lire un long portrait dans We Demain.

Il a 78 ans et a succédé en 2011 à Arnold Schwarzenegger. C’est un bonhomme assez étonnant. Il est impliqué dans des luttes environnementales depuis plus de 50 ans, a failli entrer dans les ordres, a finalement rejoint la cause des hippies avant de devenir avocat. Mais il a surtout la particularité d’avoir déjà occupé ce poste de gouverneur il y a bien longtemps, en prenant la suite d’un autre ex-acteur, un certain… Ronald Regan.

On est en 1974. À l’époque Brown n’a que 36 ans, ce qui fait de lui le plus jeune à ce poste dans l’histoire des États-Unis. Et déjà il s’attache à renforcer les droits des immigrants, à réduire les aides aux compagnies pétrolières, à nommer la première femme, le premier noir et le premier latino de l’histoire à la Cour suprême de Californie. Rien que ça.

Et donc, après trois échecs aux primaires démocrates pour accéder à la présidentielle, après de longs séjours en Asie où il a appris le bouddhisme et travaillé avec mère Theresa, il revient à la politique. D’abord en devenant maire de Portland, puis en retrouvant son poste de gouverneur. Et désormais son problème s’appelle Donald Trump.

La politique menée en Californie depuis 50 ans est l’exacte opposé du programme du républicain. C’est l’un des États américains qui accueille le plus de migrants, qui est à l’avant-garde de l’égalité homme-femme, des droits des homosexuels, de l’interdiction des armes à feu, de la légalisation du cannabis… et qui mène une politique de transition énergétique parmi les plus avant-gardistes au monde.

Sous le mandat de Brown, l’État s’est engagée à réduire de 40 % ses émissions de carbone d’ici 2030, tout en se couvrant de panneaux solaires, alors que Trump, lui, a clairement annoncé qu’il voulait relancer les énergies fossiles. Alors Brown se dit prêt à « travailler directement avec d’autres pays pour défendre et renforcer sa politique de lutte contre le réchauffement ».

Et quand un proche de Trump menace de supprimer les données informatiques sur le climat et d’éteindre les satellite qui les collectent, voilà ce qu’il répond : « S’ils viennent fouiner dans les labos nationaux, je leur dirai bas les pattes. Nous sommes déterminés à sauvegarder une science honnête et indépendante. Et si Trump éteint les satellites, la Californie lancera ses propres satellites pour traquer le réchauffement. »

La Californie c’est 40 millions d’habitants, c’est le 6e PIB mondial devant la France et c’est l’État qui crée le plus de jobs aux Etats-Unis. C’est Hollywood pour le divertissement, la Silicon Valley pour la technologie, ce sont des universités parmi les meilleures du pays comme Sandford et Berkeley.

Bref, c’est un pays à part entière qui peut en effet se permettre de dire non à Trump. La preuve avec des mégalopoles comme San Francisco et Los Angeles qui se sont déclarées villes sanctuaires pour les sans-papiers. Avec des avocats et des procureurs qui tentent aujourd’hui de faire barrage à Trump par la loi. Et de grands financiers comme l’Irano-américain Shervin Pishevar, l’un des actionnaires d’Uber et Airbnb, qui est allé jusqu’à proposer de rebaptiser l’État… "Nouvelle Californie"

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