Demain, ça va bouger autour de la table, mais aussi en cuisine : voilà les robots ! Je vous présente Flippy. Il bosse dans un resto en Californie.

Le robot culinaire "Moley", véritable cuisine aménagée autonome, est capable de préparer jusqu'à 2000 recettes... et il fait la vaisselle !
Le robot culinaire "Moley", véritable cuisine aménagée autonome, est capable de préparer jusqu'à 2000 recettes... et il fait la vaisselle ! © AFP / STR

C’est la dernière recrue de la chaîne de fast-food CaliBurger. Il est efficace, Flippy, mais ses collègues humains le trouvent assez peu bavard. Normal quand on est un bras robotique équipé d’une sorte de pince, qui met des steaks à cuir, les retourne, avant de les disposer sur du pain, au centimètre près. Avec lui, la viande trop cuite, plus jamais : c’est ce qu’assure son fabricant, Miso Robotics, qui veut maintenant lui faire frire du poulet, couper des légumes et même dresser des assiettes. Car Flippy, c’est aussi une armée de capteurs, de caméras et d’intelligence artificielle, qui lui permet se s’améliorer en continu.

Allez autre exemple, toujours en Californie, avec cette chaîne de pizzeria, du nom de Zume. En septembre elle a mis en service un robot qui vous prépare votre Margarita plus vite que n’importe quel pizzaïolo.

La "vraie" cuisine, avec des produits frais, c’est dans les cordes des robots ?

Figurez-vous que oui. Beaucoup plus raffiné que Flippy, voici Moley. Lui a été conçu à Londres… ou plutôt elle, car c’est carrément une cuisine aménagée autonome. Elle est équipée de plaques de cuisson, d’un évier, d’un four. Le tout surplombé de deux bras mobiles, dont les dix doigts effectuent tous les gestes du cuisinier, au millimètre. Vous n’avez qu’à choisir votre plat, à fournir les ingrédients, à indiquer le nombre de convives, leurs restrictions alimentaires… Et à appuyer sur « start ».

Il cuisine quoi, Moley ?

Pour instant un seul plat a été testé en public, c’est une bisque de crabe s’il vous plait, et pas n’importe laquelle : celle du chef américain Tim Anderson, qui exerce à Londres. Pourquoi cette recette ? Parce qu’elle est réputée très difficile, notamment pour obtenir le bon ratio entre tomates, crabe et épices. D’abord, c’est Tim Anderson lui-même qui a cuisiné son plat devant le robot. Moley a tout enregistré, avant de s’y coller. Et les convives, visiblement, ont adoré.

Heureusement avec Moley, ce sera pas bisque de crabe tous les soirs. Selon son fabricant, il maîtrise déjà une centaine de recettes et pourrait à terme en exécuter 2 000, qu'on téléchargera sur une sorte de iTunes de la gastronomie.

Il arrive quand dans ma cuisine, ce robot ?

En principe en 2018. D'ici là, je vous conseille de mettre quelques sous de côté, parce qu’il vous coûtera quand même 15 000 dollars. Un truc de riche donc, mais qui pourrait avoir des effets inattendus s’il trouvait sa place sur le marché. C’est ce qu’a estimé un expert en prospective du site américain Futurism. Selon lui, ce type de robot pourrait créer une vague de chômage dans les cuisines des restos. Mais surtout pourrait révolutionner la gastronomie.

Eh oui, si les robots étaient capables de reproduire nos gestes à l’identique, alors les chefs pourraient diffuser leurs plats à l’infini, partout dans le monde, un peu comme on diffuse de la musique sur Deezer ou Spotify. En clair, Ducasse dans votre cuisine, tous les soirs.

Et des robots culinaires inventifs, c'est possible ?

C'est le cas de Watson, le superordinateur d’IBM. Vous savez, celui qui a remporté le jeu télé américain Jeopardy et dont les compétences en cancérologie dépassent déjà celles des spécialistes. Watson n’est pas capable d’émincer des oignons… Et pour cause, il n’a pas de bras, mais il mouline des données en quantité industrielle et il réfléchit. Alors, on lui a fourni des dizaines de milliers de recettes du monde entier, des traités culinaires et toute la composition chimique des aliments. Et qu’a fait Watson ? Il s’est fait plaisir, avec des associations encore jamais osées. Quelques exemples : kebab à la pomme, burrito au chocolat ou encore moussaka tchèque de poitrine de porc. Tout ça a finalement été cuisiné par des chefs. Et ils ont dû s’incliner devant le résultat, qui a même donné lieu à un livre de cuisine.

Alors maintenant, projetez vous en 2040, quand le cerveau de Watson aura fusionné avec les bras de Moley. Avant de quitter le bureau à 18 h, vous enverrez à votre robot quelque chose du genre :

Rappelle moi les vacances en Italie, avec des asperges, une pointe de piment, mais sans gluten s’il te plait.

À peine franchie la porte de chez vous, vous pourrez humer un risotto encore jamais goûté par un être humain. Avec ça, plus d’excuse pour sécher le dîner en famille. D’autant que – ah oui j’allais oublier l’essentiel – Moley fait aussi la vaisselle.

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