Texte lu par Élisabeth de Fontenay :

"Il faut n'avoir pas vécu, enfant, à la campagne, pour ignorer l'étrange et complexe sentiment qu'on éprouve à pouvoir regarder à loisir, enfin coupé dans sa fuite et livré au jour, le vivant qui se cache ordinairement dans la terre, dans l'herbe ou dans l'eau, le vivant insaisissable, soit qu'on ne puisse, soit qu'on ne veuille le saisir intact parce qu'il est dangereux ou répugnant. Plus l'animal échappe à l'homme, plus il est mystérieux, et plus il stimule la curiosité, plus aisément il déclenche une frénésie de voir, puis de voir plus avant. "

G. Canguilhem, La formation du concept de réflexe aux XVIIème et XVIII ème siècles, PUF, 1955, p92

"Il serait souvent prudent et honnête d'ajouter au titre d'un chapitre de physiologie qu'il s'agit de la physiologie de tel animal, en sorte que les lois des phénomènes qui portent ici comme ailleurs, presque toujours le nom de l'homme qui les formula, portassent de surcroît le nom de l'animal utilisé pour l'expérience: le chien, pour les réflexes conditionnés; le pigeon, pour l'équilibration; l'hydre pour la régénération; le rat pour les vitamines et le comportement maternel; la grenouille, "Job de la biologie", pour les réflexes; l'oursin pour la fécondation et la segmentation de l'oeuf; la drosophile pour l'hérédité, le cheval pour la circulation du sang," etc.

G. Canguilhem, La connaissance de la vie, Vrin, 1965, pp.26-27

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