Les problèmes posés par la lutte contre les préjugés raciaux « reflètent à l’échelle humaine un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente : celui des rapports entre l’homme et les autres espèces vivantes (…) Tant il est vrai que le respect que nous souhaitons obtenir de l’homme envers ses pareils n’est qu’un cas particulier du respect qu’il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie. En isolant l’homme du reste de la création, en définissant trop étroitement les limites qui l’en séparent, l’humanisme occidental, hérité de l’Antiquité et de la Renaissance l’a privé d’un glacis protecteur (…) Il a permis que soient rejetés hors des frontières arbitrairement tracées, des fractions chaque fois plus prochaines d’une humanité à laquelle on pouvait d’autant plus facilement refuser la même dignité qu’au reste, qu’on avait oublié que si l’homme est respectable, c’est d’abord comme être vivant plutôt que comme seigneur et maître de la création : première reconnaissance qui l’eût contraint à faire preuve de respect envers tous les êtres vivants. A cet égard, l’Extrême Orient bouddhiste reste dépositaire de préceptes dont on souhaiterait que l’humanité dans son ensemble continuât ou apprît à s’inspirer. »

Claude Lévi-Strauss, Le Regard éloigné, Plon, 1983, p.46.

Les liens

Comment l'araignée tisse sa toile

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.