L'exposition "l'ordre du chaos", organisée au Musée de l’Orangerie, a célébré Chaïm Soutine avec sa puissance expressionniste et l’ardeur d’une palette unique dans le Paris de l’entre-deux-guerres.

Certains établiront aujourd’hui des liens de proximité entre son œuvre de celles de Francis Bacon, ou de Lucian Freud. Il y a toujours du vent, de l’ouragan chez Soutine, et même du tremblement de terre, un grand chamboulement. Tout est diagonal et giratoire chez lui : les maisons vacillent, les toits chavirent, les routes folles se tordent de douleur, la terre a mal. Les gens aussi ont mal, gros nez, oreilles décollées, lèvres lippues, corps tordus : comme si tous ces portraits étaient en même temps des autoportraits, comme si c’était sans cesse son visage (de kalmouk, dit Faure), qu’il représentait en petit pâtissier ou en garçon d’étage, en fiancée ou en déchéance.

Mais ce chaos s’ordonne, ces sensations brutes se structurent par séries : jamais le sujet n’y est épuisé, jamais la représentation ne se répète, et, comme l’écrit Andrew Forge en 1965 : «S’il peint une douzaine de dindes, nous redécouvrons à chaque tableau ce qu’est une dinde». Soutine n’est certes pas le seul peintre à faire des séries, mais chez lui cela confine parfois à l’obsession. Joann Sfar ne fait jamais comme tout le monde, l’exposition est finie mais on en parle quand même !

Soutine - L'enfant de choeur
Soutine - L'enfant de choeur © France inter / Joann Sfar

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