Jean-Honoré Fragonard, 'Le Jeu de la Main chaude', 115,5 x 91,5 cm, huile sur toile, National Gallery of art, Washington
Jean-Honoré Fragonard, 'Le Jeu de la Main chaude', 115,5 x 91,5 cm, huile sur toile, National Gallery of art, Washington © National Gallery of art, Washington, Samuel H. Kress collection / National Gallery of art, Washington, Samuel H. Kress collection

D’abord inspirée de la tradition de la Pastorale, la fête galante s’est prêtée à de multiples développements tout au long du XVIIIe siècle et s’est enrichie de plusieurs thématiques. L’introduction d’éléments réels dans ce genre pictural dominé par l’imaginaire et la fantaisie est sans doute l’une des innovations les plus surprenantes qu’il ait accueillies.

Cette inflexion a été le fait des successeurs immédiats de Watteau, et en premier lieu de Pater et de Lancret, qui ont intégré dans leurs tableaux des éléments réels, qu’il s’agisse d’œuvres d’art, de détails dans les costumes ou de lieux facilement identifiables par leurs contemporains (Antoine Pesne, Fête galante près de Freienwalde , Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg). En créant une tension dynamique entre ces composantes réelles et l’irréel qui caractérisait jusque-là la fête galante, ils ont donné un nouveau souffle à leur peinture.

Lancret se plaît à reproduire fidèlement dans ses paysages des œuvres célèbres, comme la statue de Jacques Bousseau aujourd’hui conservée au Louvre dans sa Fête galante avec Persan et statue (Galleria Nazionale d'Arte Antica in palazzo Barberini, Rome). Ces références directes ont été conçues par les peintres pour être immédiatement reconnaissables par le spectateur du XVIIIe siècle, qui participe ainsi lui aussi à l’œuvre qu’il contemple.

Ces emprunts au réel sont soigneusement choisis par les artistes et leur permettent aussi de mettre en lumière les usages de leur temps. D’abord scènes de théâtre, les fêtes galantes évoluent et deviennent de véritables scènes de genre contemporaines. Ainsi, la pratique du Déjeuner de chasse , très à la mode à cette époque, est retranscrite avec force détails (costumes, vaisselle, …) par François Lemoyne (1688 – 1737) dans son tableau de l’Alte Pinakothek de Munich.

La Fête galante est mise à l'honneur dans l'exposition que le Musée Jacquemart-André consacre à la peinture française du XVIIIe siècle : "De Watteau à Fragonard, les Fêtes galantes".

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Musée Jacquemart-André Propriété de l’Institut de France, le Musée Jacquemart-André est géré et mis en valeur par Culturespaces depuis 1996. Édifié à la fin du XIXe siècle, cet hôtel particulier propose la découverte d’espaces meublés et décorés selon la mode et le goût de l’époque. Les époux André ont rassemblé une éblouissante collection de peintures, sculptures, tapisseries, objets d’art et mobilier rare.

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