Gustave Doré, jusqu'à l'âge de huit mois, ne fit guère d'autre peinture sur toile, que celle à laquelle se livrent les enfants de son âge ; mais à peine eut-il quatre ans, que sa vocation se manifesta vivement. Il fouillait les coins de la maison, s'emparait impitoyablement des pots qui contenaient une substance colorée quelconque et les portait dans sa chambre.

.A chaque instant, on s'apercevait de la disparition de quelque objet du ménage. On ne comprenait rien à cela, lorsqu'un jour, on le surprit en train de peindre, sur son drap de lit qu'il avait tendu sur le châssis du devant de cheminée, le portrait d'un de ses oncles. Il avait dans les mains une série de pinceaux de diverses grandeurs qu'il avait improvisés avec des brosses à dents, à cheveux, à habits, des goupillons chipés à l'église, des petits balais dérobés aux foyers paternels ...

L’œuvre de Gustave Doré est gigantesque, démesurée. Elle est le signe d’une puissance de travail toujours en éveil, d’une curiosité sans bornes. Peut-être aussi la trace de l'insatisfaction d’un artiste que même sa célébrité ne console pas de son rêve d’être peintre, un grand peintre, unique manière d’avoir la reconnaissance de son époque.

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