Publié fin 1947, couronné du prix Sainte-Beuve, "Le suicidé de la société", cet opuscule fulgurant scelle la rencontre spirituelle de deux artistes prédestinés : « Je vois à l'heure où j'écris ces lignes le visage rouge sanglant du peintre venir à moi dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d'escarbilles d'hyacinthe opaque et d'herbages de lapis-lazuli. »

Van Gogh le suicidé de la société
Van Gogh le suicidé de la société © Radio France

A l'humble somptuosité des paysages de Van Gogh répond la langue somptuairement imagée des commentaires d'Antonin Artaud comme si, sous le coup de l'indignation, l'écrivain décelait dans l'énergie créatrice du « plus peintre de tous les peintres » une insurrection jumelle de la sienne : « Je suis aussi comme le pauvre Van Gogh, au plus près de formidables ébullitions internes. » L'auteur du Théâtre et son double célèbre désormais le peintre et son double. Jusqu’au 6 juillet, le musée d’Orsay pose le regard d’Antonin Artaud sur l’œuvre de Vincent van Gogh.

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