Van Gogh le suicidé de la société - Musée d'Orsay
Van Gogh le suicidé de la société - Musée d'Orsay © Radio France

En 1947, le galeriste Pierre Loeb suggère à Antonin Artaud d'écrire un texte sur Vincent Van Gogh, pensant qu'un écrivain qui avait été interné pendant neuf ans dans un asile psychiatrique était le mieux placé pour comprendre l'œuvre d'un artiste considéré comme fou.

Artaud n’est pas spécialement enthousiaste, mais la publication dans la presse d’extraits du livre du Dr Beer, Du Démon de Van Gogh , sert de détonateur : Artaud, outré par l’analyse du psychiatre, commence sa rédaction sous le coup de la colère à la fin du mois de janvier 1947, contestant la thèse soutenue par Beer.

Il s’insurge contre le jugement porté par la société moderne sur la santé mentale de Van Gogh. En voulant l’empêcher d’émettre « d’insupportables vérités », écrit-il, ceux que sa peinture dérangeait le poussèrent au suicide. Prenant le contre-pied de la thèse de l’aliénation, Artaud s’attache donc à démontrer comment la lucidité supérieure de Van Gogh gênait les consciences ordinaires, et il accuse alors la société, le frère du peintre et le docteur Gachet (chez qui Van Gogh a passé les derniers jours de son existence, à Auvers-sur-Oise, et le dernier à lui avoir parlé) d’être responsables de la mort prématurée de l’artiste.

Antonin Artaud commença la rédaction de Van Gogh le suicidé de la société , sur le peintre hollandais qui sert de fil rouge à une exposition non moins passionnante sur le peintre hollandais au musée d’Orsay.

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