En juin 1829, Delacroix écrit à son ami Antoine-Louis Barye :« Le lion est mort. Au galop ! Je vous y attends. » Les deux artistes ont l'habitude de se retrouver à la ménagerie du Jardin des Plantes, où les soigneurs leur laissent étudier les animaux décédés.

Si Delacroix est célèbre, on connaît moins son camarade Antoine-Louis Barye. Génial sculpteur animalier dont le grand public, au XIXème siècle, s'arrachait les œuvres au réalisme saisissant, il fut pourtant longtemps boudé par les tenants du « grand art », qui jugeaient le genre mineur. Théophile Gautier le qualifiait de « Michel-Ange de la ménagerie » : on n'a pas trouvé meilleur compliment au vu des magnifiques dessins d'animaux sauvages présentés à l'Ecole nationale des beaux-arts.

Antoine-Louis Barye étudie chaque partie de l'anatomie. Pattes de lions griffes rentrées ou sorties, gueules d'ours de face et de profil, tout passe sous son crayon et sa toise. L'artiste va même jusqu'à mouler les cadavres afin de mieux comprendre la morphologie avant de passer en trois dimensions, pour redonner vie à ces corps habités d'une puissance venue de l'intérieur. Il a en quelque sorte modernisé le dessin d’anatomie animale en délaissant les approximations artistiques au profit des mesures et des proportions justes.

L’école des Beaux-arts de Paris rend hommage à ce peintre et sculpteur passionnément romantique.

Barye - Joann Sfar
Barye - Joann Sfar © Radio France

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