Alaa Al Aswany
Alaa Al Aswany © Radio France / vincent josse

« C’est une loi qui est absolument terrible. L’étau despotique est en train de se fermer sur la société égyptienne. Les autorités égyptiennes et le régime du maréchal Al-Sissi ne tolèrent pas la contradiction . C’est le sens de cette loi. » Christophe Deloire , secrétaire général de RSF.

Le 16 août 2015 Abdel Fattah Al-Sissi a ratifié la loi anti-terroriste décidée après les attaques du 29 juin et du 1er juillet 2015. Cette loi, qui entre en application immédiatement, garantit unelarge impunité aux policier qui feraient usage de la force dans le cadre de son application et punit la presse de toute expression publique, y compris sur les réseaux sociaux. Elle prévoit notamment desamendes allant de 200 000 à 500 000 livres égyptiennes (soit 23 000 à 58 000 euros) pour publication ou diffusion de « fausse » information sur des attentats ou des opérations anti-djihadistes .L’Egypte est placée 158ème sur 180 selon le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontières . La loi anti-terroriste donne un caractère extensif à lalutte engagée contre Les Frères Musulmans (considéré organisation terroriste depuis décembre 2013), qui a déjà conduit à l’arrestation de plus de 41 000 personnes selon Amnesty International.Depuis deux ans il n’y a plus de Parlement élu , le pouvoir du président Abdel Fattah Al-Sissi ne souffre donc d’aucune limitation formelle.

Avec Alaa Al-Aswany , écrivain, auteur d’Extrémisme religieux et dictature. Les deux faces d'un malheur historique , publié chez Actes Sud en 2014, revient dans "Vu d'ailleurs" sur cette loi et ses conséquences.

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