Si on se disait que l’utopie ce n’était pas terminé ? Qu’on pouvait imaginer nos villes, les dessiner comme on le veut ? On a entendu dans Welcome nouveau monde, à Istanbul… le refus des jeunes de voir leur place Taksim rasée, de voir disparaître le parc Gezi. Ca a été le départ, des manifestations immenses, jamais vues en Turquie. Cette résistance a valu beaucoup de gaz, des slogans, des morts et des blessés. A Beyrouth aussi, ce sont les jeunes qui protègent l'héritage, pour une ville du futur.

Quand on arrive à Beyrouth, sur la couverture de TIME OUT… le magazine qui dit quoi faire et quoi voir, on peut lire en grandes lettres SAVE BEIRUT HERITAGE. Un groupe de jeunes qui veut défendre le patrimoine de la ville, et qui s’est reconnu dans la lutte de la place Taksim. Ce début de XXIè siècle est urbain… ça change l’échelle, ça change les dimensions… mais ça ne veut pas dire que l’on se laissera confisquer la façon dont on veut les imaginer, et pour envisager le futur, on a besoin de conserver son passé.

A BEYROUTH le slogan de Solidere, la société privée chargée de reconstruire le centre ville, c’était « Beyrouth, une ville antique pour le futur »… mais le futur, eux l’imaginent tout neuf, sans traces de la guerre, de l’histoire, avec des grandes tours. On gomme les perspectives et on met à terre tout ce qui a survécu à la guerre. Le moindre petit espace vert est mangé…

Beyrouth
Beyrouth © Radio France / Caroline Gillet
Beyrouth
Beyrouth © Radio France / Caroline Gillet
Beyrouth
Beyrouth © Radio France / Caroline Gillet

Beyrouth
Beyrouth © Radio France / Caroline Gillet

Le son de Beyrouth… ce sont les travaux. Des perceuses, des battements… impossible d’y échapper. Giorgio a 25 ans, il est un des fondateurs du groupe « Save Beirut Heritage ». Il mobilise sur tous les chantiers. Il a le téléphone du ministre. On l’écoute. On écoute son imaginaire pour la ville de demain.

Giorgio
Giorgio © Radio France / Caroline Gillet
Giorgio
Giorgio © Radio France / Caroline Gillet

A Istanbul, MERVE, 26 ans, fait partie de GENC SIVILLER, les « jeunes civils » … qui ont choisi l’humour et le sarcasme comme arme… et l’utopie, la fiction, comme imaginer une fausse femme politique, et lui donner une voix.

Merve
Merve © Radio France / Caroline Gillet
Merve
Merve © Radio France / Caroline Gillet
Merve garçons
Merve garçons © Radio France / Caroline Gillet

Dans le quartier de Gemmayze à Beyrouth, il y a des vieilles bâtisses, des cours intérieures, des arbres, des allées… et des bars. Sur les murs, des tags, dont celui là : envoyer un cèdre sur la lune. C’est de la science fiction. Parce que le Liban, et cette région du monde, a besoin de fiction. Elle a besoin de rêveurs. En voilà deux :les cinéastes, Johanna Hadjithomas et Khalil Joreige . Dans leur dernier film ‘The Lebanese rocket society’, ils sont revenus sur une histoire méconnue du Liban, le programme de conquête spatiale libanaise porté par un groupe d’étudiants dans les années 60, pour regarder le futur et imaginer ce que serait devenu le Liban, si ces projets n’avaient pas été avortés.

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Genc Siviller

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