Pour aller plus loin, pour prolonger le récit radio, entrons dans la fiction : WELCOME FUTURE. Des roman photos dans Sarajevo, Istanbul, Beyrouth et Jérusalem.

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Le nouveau monde cherche des armes. Qui n’auraient rien à voir avec la poudre, le feu, le sang. Qui seraient plus subtiles, qui débloqueraient la parole au lieu de provoquer la guerre. Des armes pour la réconciliation. En étant à Beyrouth la semaine dernière avec Serhane, sympathisant du Hezbollah, on pouvait percevoir l’ombre de la guerre. Quand on choisit la violence, on pense qu’il n’y a plus que ça. On ne voit pas d’issue. On a voulu parler à ceux qui ne veulent plus en entendre parler : des parents kurdes dont les enfants sont partis combattre en montagne. Un fils de criminel de guerre croate qui à 19 ans, va de l'avant.

On a rencontré à Istanbul et à Sarajevo, ceux qui restaient en arrière, et qui n’avaient d’autre possibilité que d’assumer le choix de leurs proches. Ce sont des héros de notre nouveau monde, parce qu’ils assument avec panache, parce qu’ils attendent la fin des armes, patiemment, parce qu’ils ne tombent pas dans la haine ou la vengeance à leur tour. Parce qu’ils ne se laissent pas faire.

Dans une petite vallée au nord de Sarajevo, à Vares, on rencontre ALEN,19 ans . A 14 ans, devant la télévision, il assiste sans le savoir au procès de son père, criminel de guerre croate. Emir Curtic. Il a grandi dans l’ignorance de ce qu’avait été la vie de son père. Quand il a tout découvert, adolescent, il a décidé de se libérer du poids des erreurs de ses parents. Dans sa ville mixte entre croates et bosniaques, à 19 ans, il tente de dépasser cette hérédité, refuse de voir son père, pense à une possible réconciliation.

Pedja Kojovic , écrivain, journaliste, est un des fondateurs du premier parti multi ethnique en Bosnie, ils ont deux députés au Parlement : Nasa Stranka . Il évoque les excuses du printemps dernier, du président serbe en parlant de Srebrenica, c'était historique.

On commence à Istanbul, un couple de parents kurdes, Adile et Valat, a fait une heure de bus, pour nous rejoindre dans le quartier de Fahati. Ils feront le portrait en creux de leurs trois enfants,Leila, Yunus et Aydin …partis chacun leur tour, à 18, 20 ans, sans jamais prévenir, combattre dans les montagnes pour la libération du Kurdistan.

Beaucoup se sont étonnés à Istanbul de ne pas voir les kurdes davantage représentés dans les manifestations de la place Taksim. Cette minorité de l’Est du pays revendique elle aussi plus de liberté face au premier ministre Erdogan. On nous a dit, pour rencontrer des parents dont les enfants se sont engagés pour la cause kurde, de chercherYAKAI DER, l'association qui vient en aide aux familles ayant perdu des proches, disparus.

Ensemble ils ont eu huit enfants. Trois sont partis. De nombreux parents à Istanbul, et surtout à l’Est de la Turquie, dans la région de Dyarbakir, ont vu leurs enfants partir.

Couple Kurde
Couple Kurde © Radio France / Caroline Gillet
Couple Kurde
Couple Kurde © Radio France / Caroline Gillet
Couple Kurde
Couple Kurde © Radio France / Caroline Gillet

Depuis quelques mois, le processus de paix est en marche entre le gourvernement turque et le parti du PKK, et ils espèrent le retour de leur fille et de leurs deux fils, partis depuis plusieurs années, et dont ils sont sans nouvelles.

Alen
Alen © Radio France / Caroline Gillet
La petite ville de Vares, en Bosnie
La petite ville de Vares, en Bosnie © Radio France / Caroline Gillet
Alen et son petit frère Damir
Alen et son petit frère Damir © Radio France / Caroline Gillet
Femme kurde
Femme kurde © Radio France / Caroline Gillet
Kurde photo fils
Kurde photo fils © Radio France / Caroline Gillet
Disparus kurdes mosaique
Disparus kurdes mosaique © Radio France / Caroline Gillet
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