Le chef de l'État veut relancer l'application de traçage numérique StopCovid sous un autre nom, "Tous anti-Covid". Elle bénéficiera d'un mode d'emploi plus clair et sa priorité sera "l'information" sur la maladie.

StopCovid va changer de nom pour devenir "Tous anti-Covid", a annoncé Emmanuel Macron.
StopCovid va changer de nom pour devenir "Tous anti-Covid", a annoncé Emmanuel Macron. © AFP / Hans Lucas / Romain Longieras

"Ça n'a pas marché", a reconnu Emmanuel Macron. Comme l'avait aussi déjà dit plusieurs fois Jean Castex, le chef de l'État a reconnu mercredi soir que l'application de traçage des cas contacts StopCovid, conçue pendant le confinement, n'avait pas fourni les résultats espérés. Il a confirmé l'arrivée d'une nouvelle version jeudi prochain, le 22 octobre qui portera le nom de "Tous anti-Covid".

Reconfiguration et priorité à l'information

Il faut, selon Emmanuel Macron, donner un mode d'emploi clair pour son utilisation. Où, quand, comment ? "Nos concitoyens ne savaient pas comment l’utiliser, certains disaient qu’elle déchargeait la batterie de leur téléphone", a-t-il rappelé. 

Le chef de l'État demande aux Français d'utiliser "Tous anti-Covid" au restaurant, au café, dans des réunions, "à chaque fois que [l'on est] dans un endroit où il y a risque". Le gouvernement veut également en faire "avec nos restaurateurs, avec l'ensemble des cafetiers (...) tous les professionnels, un outil pour mieux alerter, tracer" afin d'"identifier les foyers de contamination, les remonter et prévenir". L'application StopCovid pourrait ainsi se substituer aux "carnets de rappel" mis en place dans les restaurants.  

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Si elle gardera les fonctions de contact traçing, sa destination doit aussi évoluer, sous forme de portail d'alerte. "Ce sera une application où il y aura des informations : comment circule le virus, où vous êtes, où sont les points pour se faire tester. Donc il y aura des informations générales, des informations plus particulières et locales", a détaillé le président de la République qui a demandé "aux équipes de complètement reconfigurer les choses"

Rebond de l'application ?

Reste à savoir si cette (presque) nouvelle l'application trouvera son public. StopCovid, sous sa forme actuelle, a été installée plus de 2,6 millions de fois depuis début juin, soit bien moins que les applications britanniques et allemandes, téléchargées respectivement 16 et 18 millions de fois. De plus, selon des chiffres gouvernementaux la semaine passée, seulement 7.969 personnes s'y sont déclarées comme étant positives, et 472 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts. Il faut "apprendre de nos erreurs", a estimé Emmanuel Macron. 

L'application, sur le volet de contact traçing, ne fonctionnera pas forcément mieux que StopCovid dans la mesure où il ne semble pas prévu d'abandonner la technologie actuellement utilisée, complètement indépendante des outils proposés par Google et Apple pour des raisons de souveraineté numérique, pourtant seuls capables de garantir un fonctionnement correct.  

Un changement de prestataire devrait aussi avoir lieu, comme nous l'expliquions dans un précédent article.  La société CapGemini, qui était jusqu'à présent cheffe de projet sur ce dossier, sera remplacée par une autre entreprise, désignée au terme d'une procédure d'appel d'offres. Selon le secrétaire d'État chargé du numérique Cédric O, le plafond mensuel de dépenses pour faire fonctionner l'application sera doublé, passant de 100 000 euros actuellement à "probablement autour de 200 000 euros"