C'est une date oubliée : le 4 septembre 1870, la proclamation de la République. 150 ans plus tard, Emmanuel Macron compte rappeler, dans un discours au Panthéon, "ce que doivent les citoyens Français à la République" avant de mettre en valeur cinq nouveaux citoyens français au cours d'une cérémonie de naturalisation.

Emmanuel Macron va célébrer au Panthéon, ce vendredi matin, les 150 ans de la République française
Emmanuel Macron va célébrer au Panthéon, ce vendredi matin, les 150 ans de la République française © Maxppp / IP3 / Bruno Levesque

Emmanuel Macron va célébrer au Panthéon, ce vendredi matin, les 150 ans de la République française. Le Président conclura son discours par une cérémonie de naturalisation de cinq nouveaux citoyens, mis en valeur pour leur parcours d’intégration censé rappeler celui de Léon Gambetta, fils d’immigré italien, qui, le 4 septembre 1870, proclamait la République. 

Rana Mitra n'avait jamais imaginé une telle cérémonie. Dans le "temple de la République", sous le dôme du Panthéon. cette femme de 36 ans va recevoir, des mains du chef de l'État, son "livret d'accueil dans la nationalité française". "Un honneur, une fierté" pour celle qui n'a pour l'instant qu'aperçu le Président "de loin, après son élection, j'étais sur les Champs-Élysées"

Son arrivée à Paris remonte à 2012, mais son histoire avec la France a démarré bien avant. "À Beyrouth, depuis ma toute petite enfance, j'ai étudié dans une école française, j'ai été éduqué à la laïcité, aux valeurs françaises. J'ai appris le français sans faire d'effort. Et pour moi, la France, ce n'est donc pas un pays étranger, un pays d'exil, mais bien une seconde patrie". 

Elle pensait ne rester que quelques années à Paris, le temps de terminer ses études de médecine, démarrées à Beyrouth. Mais ce fut "le coup du destin". "Un mois après mon arrivée, j'ai rencontré celui qui est devenu mon mari, un Libanais déjà naturalisé français". Ensemble, ils ont aujourd'hui deux jeunes enfants. Rana est médecin à l'hôpital de Créteil. Autour d'elle, elle voit certains replis communautaires et ne les comprends pas. 

"On peut avoir deux cultures. Mes enfants ont la culture libanaise, moi aussi." 

"On passe nos vacances au Liban. Mais ça veut pas dire qu'ils ne sont pas Français. Ma fille, sa langue maternelle, c'est le français, ce n'est pas l'arabe, ça ne veut pas dire qu'elle va oublier le pays natal de ses parents, mais il ne faut pas faire un refus du pays qui nous a accueilli, au contraire !" plaide la mère de famille. 

"La France, c'est le pays des droits des hommes, ajoute-t-elle. Ici, tout le monde a le droit de postuler à un emploi et peut-être embauché selon son CV. Au Liban, il faut connaître un député, un ministre, avoir un piston pour avancer" regrette-t-elle. 

Amitié franco-libanaise

Le 4 août dernier, à l'heure où Beyrouth est soufflée par une terrible explosion, elle est au Liban avec sa famille mais "dans les hauteurs, loin de la capitale". "Ça m'a rappelé l'époque où il y avait tous les assassinats. J'étais encore étudiante là-bas, à chaque fois qu'on entendait une explosion, ou que les vitres vibraient, on s'appelait l'un l'autre : 'tout va bien ? Tu es où ? Tu es où ?'".  Bilan dans sa famille : des dégâts matériels mais aucun blessé. 

Ce vendredi matin, au Panthéon, elle remerciera directement le chef de l'État pour ses deux récentes visites au Liban après la catastrophe qui a fait 190 morts. "Pour moi, la France, c'est la patrie mère du Liban, et la venue du Président a vraiment beaucoup touché les Libanais. On espère que cela changera la donne".

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