Et si l'avenir était de transformer sa voiture à moteur thermique, c'est-à-dire à essence ou diesel, en voiture électrique ? On appelle ça le "rétrofit". Techniquement, c'est tout à fait possible. Et bien qu'aujourd'hui, un tel véhicule soit quasiment impossible à homologuer, cela va bientôt changer.

Avec le rétrofit, vous pourrez, dans quelques mois, vous offrir une voiture iconique d'origine mais électrique !
Avec le rétrofit, vous pourrez, dans quelques mois, vous offrir une voiture iconique d'origine mais électrique ! © Getty / ilbusca

Pour que votre vieux véhicule thermique transformé retrouve sa place sur la route, il faut une homologation aujourd’hui quasi impossible à obtenir. C'est là que les acteurs de ce nouveau marché se mobilisent. Une poignée de start-ups spécialisées a donc rédigé, avec les pouvoirs publics concernés, notamment le ministère des Transports, un projet d'arrêté qui a été soumis à l'Union européenne. Le résultat d’un an de travail

Le texte doit revenir validé d'ici le printemps 2020 et permettre l'ouverture vers ce nouveau modèle de transition écologique. Car le texte est copié en partie sur ceux en vigueur en Italie et en l'Allemagne, les deux premiers pays européens à s'être lancés dans le "rétrofit" et où il est aujourd'hui autorisé. Le texte permettra au ministère des Transports de signer et publier un arrêté pour autoriser le "rétrofit" électrique en France.

Fiat 500, Mini, Porsches 911, etc.

Il a fait toute sa carrière d'ingénieur chez un grand constructeur automobile français. Aujourd'hui Marc Tison est responsable des opérations dans une start-up de "rétrofit", Rétrofuture, qui se positionne déjà sur ce marché de transformation des voitures. Assis sur son canapé, il présente le futur catalogue qu’il a déjà en main : "On aura par exemple la Fiat 500, une mini, des Porsches 911, 912, des Ranges Rover, des coupés 504… "

C'est un choix : ce sont uniquement des voitures qui ont marqué leur époque. Avec un double avantage environnemental : éviter de s'en débarrasser, et les rendre beaucoup moins polluantes. "Le futur de l’automobile, dans les villes, dans les campagnes, c’est d’évoluer vers des voitures propres, et l’intérêt, c’est avec des objets qui existent déjà, de ne pas soudain les envoyer à la casse alors qu’ils pourraient encore être utilisés" rappelle Marc Tison.

Trouver un modèle économique

La difficulté, aujourd'hui, c'est l'homologation, une difficulté qui devrait donc être levée d'ici quelques mois. Puis il faudra trouver un modèle économique, car les batteries au lithium coûtent cher. Il s’agira de produire à une échelle suffisante pour rendre rentable le remplacement, sur la voiture d’origine, de son moteur thermique, de son échappement et de son réservoir, par un moteur électrique et surtout une batterie.

Avec un objectif incontournable pour Marc Tison : "Il est bien évident que notre cible, c’est que le prix de cette transformation soit très inférieur au prix d’une voiture neuve électrique, sinon autant acheter une voiture neuve."

Le "rétrofit" pourrait donc être une solution rapide d'évolution du parc automobile existant, en attendant son renouvellement complet en véhicules propres.

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