Comme chaque été depuis cinq ans, l'association corse "Mare Vivu" organise un tour de l'île de beauté en kayak à voile et pédales pour observer les pollutions marines. Et le constat ne change pas : la pollution au plastique est toujours aussi massive.

La mission "Corseacare" de l'association "Mare Vivu" collecte des déchets en mer pendant un mois l'été
La mission "Corseacare" de l'association "Mare Vivu" collecte des déchets en mer pendant un mois l'été © Radio France / Rémi Brancato

Leur tour de Corse s'achève ce vendredi, à Bastia, et le bilan de ce mois de navigation est affligeant. Partis le 12 juillet dernier de Piantarella au sud de l'île, la dizaine de volontaires de l'association "Mare Vivu" ont sillonné les côtes corses à bord de leurs catamarans-kayaks, à voile et à pédales. C’est la 5e édition de cette mission "Corseacare", qui a contourné cette année la Corse par la cote Ouest pour observer les différentes pollutions en mer, sensibiliser les vacanciers et effectuer des relevés scientifiques.

Sur la plage de Macinaggio, sur le cap corse, pour l'escale du jour, les volontaires montrent les vidéos réalisés ces dernières semaines. Notamment celle-ci, réalisé dans le golfe de Porto et qui a choqué les internautes. Les volontaires de Mare Vivu évoluent dans une mer de déchets. 

"Une de mes collègues place une épuisette dans l'eau, qui se remplit en cinq secondes" commente Dylan, étudiant en biologie marine à l’université de Corse, qui participe pour la première année à la mission. "Le fait de le voir, c'est marquant, même si on a tous conscience du problème".

Sensibiliser le public et les vacanciers

"On ne s'habitue pas, heureusement" ajoute Dorine, étudiante à Angers, qui, elle, participe pour la quatrième année. À chaque étape, ou presque, les volontaires sillonnent les campings pour des actions de sensibilisation auprès des vacanciers. "Les gens n'ont pas conscience que 80% des déchets qu'on retrouve en mer viennent de terre : quand on retrouve une brique de lait, avec des inscriptions en italien ou en arabe, ce n'est pas le fait d'un plaisancier" décrit la jeune femme.

Ces déchets, souvent vieux de plusieurs mois, génèrent des micro plastiques, extrêmement polluants et qui se retrouvent ensuite dans de nombreux aliments de toute la chaîne alimentaire. La crainte de l'association, c'est une hausse du plastique en mer l'an prochain, avec la recrudescence de son usage, sans doute liée à la crise sanitaire. 

Une mission scientifique

Alors les jeunes de la mission "CorSeaCare" observent ce phénomène de façon scientifique, en partenariat avec le CNRS ou l'Ifremer. "On travaille avec des laboratoires, dans le cadre de protocoles stricts, et on leur transmet des données à la fin de la mission, pour qu'ils puissent avoir quelque chose de général à l'échelle de la Méditerranée" détaille Simon, étudiant angevin lui aussi. 

"On est tous responsables de cette pollution marine" conclut Anthony-Louis Fusella, co-fondateur de l'association : "On insiste beaucoup là-dessus : on consomme encore trop de plastique et de déchets à usage unique". Vendredi, il portera une dernière fois de la mission ce message au public, lors de l'arrivée finale, à 10h30, dans le port de Bastia.

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