Gary Kirby est patron d'un bar à West Melbourne, sur la côte est de la Floride. Depuis la mi-septembre il interdit l'entrée de son établissement aux clients qui portent un masque sur le visage. Il avance plusieurs arguments pour expliquer sa décision. Sur les réseaux sociaux, les anti-masques applaudissent.

Gary Kirby devant l'entrée de son bar où l'on peut lire les affichettes indiquant l'interdiction de porter un masque.
Gary Kirby devant l'entrée de son bar où l'on peut lire les affichettes indiquant l'interdiction de porter un masque. © Radio France / Benjamin Fontaine

Les États-Unis viennent de passer la barre des 200.000 morts du Covid-19 mais les anti-masques restent très actifs dans le pays. Depuis le mois d'avril des manifestations sont régulièrement organisées dans différents Etats. En Floride, un des États les plus concernés par le coronavirus, un gérant de bar a décidé de mettre à la porte les clients qui viendraient pour boire une pinte de bière avec un masque sur le visage. "Je ne crois pas en son efficacité", confie Gary Kirby, le patron du Westside dans la ville de West Melbourne. 

Le bar de Gary Kirby où le masque est désormais interdit.
Le bar de Gary Kirby où le masque est désormais interdit. © Radio France / Benjamin Fontaine

"Il n'y a eu aucun cas dans mon bar depuis le mois d'avril."

"Si quelqu'un vient me cambrioler ou me voler, je ne pourrais pas l'identifier si il porte un masque. Il faut aussi que je reconnaisse les jeunes à qui je ne dois pas servir d'alcool avant 21 ans. Nous devons enfin reconnaître les personnes qui ont trop consommé. Comment faire si on ne voit pas leur visage ?", questionne le gérant, supporter de Donald Trump

"Il ne faut pas avoir peur. Je pense que ma clientèle, qui est relativement jeune, n'est pas la plus concernée par le virus. Il n'y a eu aucun cas dans mon bar depuis avril. Si l'un de mes employés attrape le Covid, il devra me fournir des tests négatifs pour revenir après sa quarantaine et il faudra faire désinfecter tout le bar", assure Gary.

Des milliers de messages de soutien à travers le pays

Les règles édictées dans le Comté de Brevard n'empêchent pas Gary Kirby d'interdire le port du masque dans son établissement et de l'afficher sur sa porte. Depuis qu'il a pris cette décision, le 15 septembre, il a reçu des milliers de messages de soutien sur son compte Facebook. "Les gens sont d'accord avec moi. Je sais que d'autres commerces ont envie de me suivre mais ils ont trop peur." Des menaces de mort sont aussi arrivées sur sa messagerie, mais Gary Kirby préfère ne pas y prêter attention. 

Ces femmes se sont retrouvées au bar pour soutenir Gary.
Ces femmes se sont retrouvées au bar pour soutenir Gary. © Radio France / Benjamin Fontaine

Il y a quelques jours, une dizaine de femmes et d'hommes s'est retrouvée au "Westside". Terry, 43 ans, gère un groupe qui demande la libération de la Floride. Elle réunit des milliers de personnes derrière elle. "Il faut laisser le choix aux habitants et aux commerçants de porter le masque ou de ne pas le porter. Chacun est responsable. De mon côté, je me lave les mains, je ne fais pas de fête avec des gens malades. J'évite le danger et depuis sept mois je ne suis pas malade !", explique-t-elle. 

Jade, 28 ans et mère d'un bébé va même plus loin. "Quand le petit est né nous avons fait une fête pour son arrivée. Personne n'avait de masque, personne n'a été malade. Nous avons remis cela pour la fête de l'Indépendance en juillet, personne n'a été malade. Je ne comprends pas tout le bruit qui est fait autour de ce virus. Il y a des centaines d'autres virus que nous ne connaissons pas encore et qui sont pourtant là, j'en suis sûre." 

Les affaires sont bonnes depuis la mi-septembre

Des déclarations qui vont à l'encontre des recommandations des autorités scientifiques et médicales. Le port du masque reste un moyen efficace d'éviter la propagation du coronavirus. Dans ce petit groupe, personne ne nie l'existence du Covid-19 mais certains remettent en cause les chiffres avancés par les autorités.

L'initiative de Gary a fait le tour de la Floride et même du pays. Il assure qu'il n'a pas voulu faire une coup de communication, mais il reconnait que depuis la mi-septembre les affaires marchent beaucoup mieux.