Face à la quatrième vague, le CHU de Martinique reçoit des renforts de la métropole, issus notamment de la réserve sanitaire. Des soignants volontaires qui peinent à combler le manque de capacités de l'hôpital face à l'afflux de malades du Covid.

Le taux d'incidence du Covid atteint près de 1.200 cas pour 100.000 habitants en Martinique.
Le taux d'incidence du Covid atteint près de 1.200 cas pour 100.000 habitants en Martinique. © AFP / Fanny Fontan / Hans Lucas

Les Antilles françaises face à un "tsunami". Ce sont les mots des soignants du CHU de Fort de France en Martinique, confrontés à un afflux de malades du Covid-19. Les places en réanimation ne suffisent plus, l'armée a doublé ses capacités pour passer de dix à vingt lits, mais les ambulances amènent toujours de nouveaux patients et les équipes sont débordées.

Une vague de patients... de plus en plus jeunes

Depuis la mi-juillet, des renforts sont arrivés de métropole, notamment via la réserve sanitaire du ministère de la Santé. Thibaut, infirmier en médecine générale, était parmi les premiers renforts arrivés à Fort-de-France. Pendant les trois semaines passées sur place, il a vu la vague monter, inexorablement. "Quand je sus arrivé, il y avait trois unités de médecine dédiées au Covid, soit moins de 50 lits, se souvient-il. Aujourd'hui, on est à presque 300 lits."

Des lits qui se remplissent vite, avec des malades toujours plus jeunes que Clément, infirmier de 25 ans sur le retour, après deux semaines au CHU de Fort de France, accueillait en réanimation. "Il y a des patients qui ont entre 20 et 30 ans, soupire-t-il, j'ai soigné des gens qui avaient mon âge, ça rend les choses plus difficiles, car on se dit que ça aurait pu nous arriver." Dans l'établissement, la moyenne d'âge des patients Covid pris en charge est désormais de 48 ans.

Des capacités hospitalières dépassées

Il a fallu encaisser les décès nombreux et les familles bouleversées. Le CHU fait en effet face à une mortalité "sans précédent", avec "deux décès par jour dans la seule unité de réa", indique à l'AFP le professeur Hossein Mehdaoui, chef du pôle réanimation de l'hôpital.

À l'heure de faire les valises Thibaut reconnait de la frustration. "On se heurte à des capacités hospitalières qui ne sont pas adaptées, concède-t-il, alors on fait le maximum de ce qu'on est capable de faire."

Les deux infirmiers cèdent la place à de nouvelles équipes. Une cinquantaine de membres de la réserve sanitaire vont rester mobilisés au CHU de Fort de France jusqu'à la fin du mois d'août.