Chaque jour nous vous présentons une figure liée au covid-19 dans le monde. Aujourd’hui, le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, qui se distingue par les réponses ubuesques qu'il propose face à la pandémie, qui toucherait aujourd'hui 7 000 personnes dans ce pays de 9 millions d'habitants.

En mars, Alexandre Loukachenko affirmait que le monde pourrait souffrir davantage de la "panique" que du nouveau coronavirus.
En mars, Alexandre Loukachenko affirmait que le monde pourrait souffrir davantage de la "panique" que du nouveau coronavirus. © AFP / Kevin Lamarque

L’homme s’est rappelé à nous ces dernières semaines en mettant en doute l’existence du virus. Celui qui dirige la Biélorussie depuis 1994 a même expliqué que la meilleure façon de le combattre, le cas échéant, était (notamment) de boire de la vodka.

Alexandre Loukachenko est l'un des derniers représentants encore en activité de l'ancien régime soviétique. Son pays possède toujours sa police politique, et les droits de l'homme y sont réduits à néant. Si ses prises de positions peuvent amuser tellement elles paraissent folles, dans son pays, elles ne font pas forcément rire tout le monde. 

Fiche d’identité

Alexandre Loukachenko est arrivé au pouvoir le 10 juillet 1994. Depuis il a été réélu à quatre reprises en 2001, 2006, 2010 et 2015 dans le cadre d’élections factices avec des scores qui tournent autour des 80 % de suffrages en sa faveur. Une nouvelle élection doit normalement avoir lieu cette année. Mais l’homme voit beaucoup plus loin, puisqu’il imagine déjà que son fils lui succédera dans quelques années.

Alexandre Loukachenko, l'un des derniers dictateurs encore en activité en Europe, brigue un sixième mandat à la présidence de la Biélorussie.
Alexandre Loukachenko, l'un des derniers dictateurs encore en activité en Europe, brigue un sixième mandat à la présidence de la Biélorussie. © AFP / Sergey Mamontov/Sputnik

Autocrate, il dirige le pays à la façon des anciens régimes soviétiques. Droits de l’homme inexistants, presse muselée, opposition emprisonnée… Et la Biélorussie possède encore son KGB, sa police politique totalement aux ordres de son président.

Il a dit

"Buvez de la vodka, allez au sauna et travaillez dur. (...) Mieux vaut mourir dignement que vivre à genoux."

Son rôle dans la crise du Covid -19

Parler du rôle d'Alexandre Loukachenko dans la crise sanitaire mondiale serait exagéré. L'homme ne s'est pas révélé, comme d'autres, un champion de la lutte contre le virus. Au contraire, il n'a cessé de dire tout et son contraire. Les médias ont retenu qu'il avait expliqué qu'on pouvait tuer le coronavirus en buvant de la vodka, mais ce n'est pas son seul fait d'arme.

Le président de Biolorussie a aussi raconté que la meilleure façon de ne pas tomber malade était de faire du sport, et du hockey plus spécialement. Loukachenko joue d'ailleurs dans une équipe amateur de ce sport de glace. Il a aussi raconté, avant d'expliquer qu'il s'agissait d'une blague, qu'on pouvait tuer le virus en respirant de la fumée. 

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Pour Ihar, photographe qui vit en Biélorussie, l'attitude de son président est incohérente :

"Loukachenko dit n'importe quoi ! Au début, il a refusé d'y croire, et après, il a dit qu'il fallait se confiner mais qu'il n'y avait pas de virus."

Et Ihar d'expliquer encore qu'il n'y a aucune logique puisque Loukachenko compte assister début mai à un grand défilé. Il raconte enfin que des journées de travail pour la patrie – des restes de l'époque soviétique, où la population se retrouve le samedi pour effectuer des travaux pour la nation – ont été maintenues.

Un nouveau mandat à l'horizon

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Alexandre Loukachenko dit ce qu'il veut, fait ce qu'il veut. Cela n'est pas nouveau. Il ne faut pas oublier qu'il est l'un des derniers dictateurs encore en activité en Europe. Une attitude qui s’explique par la volonté du président de paraître fort, analyse le porte-parole d’Amnesty International pour l’est de l’Europe, Alexander Artemyev :

"Alexander Loukachenko ne croit pas au virus pour ne pas être vu comme un dirigeant et un président faible."

Et l'argument semble d'autant plus crédible qu'une nouvelle "élection" doit avoir lieu cette année en Biélorussie, et que le président sortant est, bien sûr, candidat à sa propre succession… pour un sixième mandat. 

Une situation sanitaire impossible à connaître

En attendant, une question se pose. Combien y a-t-il de cas de Covid-19 dans ce pays de 9 millions d'habitants ? L'information est impossible à connaître, selon Amnesty International, qui estime que les chiffres officiels sont faux. Le site de l'Université de médecine Johns Hopkins, aux États-Unis, qui recense le nombre de cas de coronavirus dans le monde, parle de plus de 7 000 personnes infectées en Biélorussie. 

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