Chaque jour, France Inter vous emmène à la rencontre d’une figure dans la lutte contre le Covid-19 dans le monde. Aujourd’hui, José Andrés, chef cuisinier étoilé aux Etats-Unis. Son ONG est sur le front du coronavirus.

osé Andrés, chef cuisinier étoilé aux États-Unis. Son ONG est sur le front du coronavirus.
osé Andrés, chef cuisinier étoilé aux États-Unis. Son ONG est sur le front du coronavirus. © AFP / Getty Images North America / Chip Somodevilla

José Andrés est l’un des chefs cuisiniers les plus connus aux Etats-Unis. Grâce à ses 27 restaurants répartis sur le territoire (dont un deux étoiles Michelin à Washington, la capitale), mais aussi grâce à son travail humanitaire. Depuis 2010, Andrés dirige l’organisation non-gouvernementale World Central Kitchen qui distribue des repas aux plus démunis, sur les terrains de catastrophes naturelles ou lors des situations de crise, aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Depuis plusieurs semaines, l’ONG est mobilisée sur le front de l’épidémie de coronavirus.

Fiche d'identité

L’espagnol José Andrés est arrivé aux États-Unis à  21 ans, avec cinquante dollars en poche. Son histoire, c’est un rêve américain. Il fait carrière dans la restauration et possède aujourd’hui 27 restaurants, répartis dans la plupart des grandes villes américaines. Le Minibar qu’il dirige à Washington a deux étoiles au guide Michelin. 

José Andrés sur CNN pour son action lors de la crise du Covid-19
José Andrés sur CNN pour son action lors de la crise du Covid-19 / capture écran CNN

Mais c’est aussi pour son engagement humanitaire que José Andrés fait régulièrement la une des médias américains. En 2010, pour venir en aide à la population haïtienne frappée par le tremblement de terre, il crée l’organisation non-gouvernementale World Central Kitchen. Depuis, l’ONG et Andrés sont sur tous les terrains de catastrophe : Porto Rico après le passage de l’ouragan Maria en 2017, en Californie après les feux meurtriers de 2018. L'organisation se déploie aussi au Nicaragua, au Pérou, en Ouganda. En 2013, Andrés obtient la nationalité américaine et Barack Obama le décore deux ans plus tard. José Andrés a 50 ans, il est marié, père de trois filles, et vit à Washington DC.

Son action :  aider les chômeurs et les restaurateurs

La crise sanitaire se double aux États-Unis d’une crise économique sans précédent. En cinq semaines, 27 millions d’Américains ont pointé au chômage. Pour beaucoup, payer un loyer ou s’acheter de la nourriture devient difficile, voire impossible. World Central Kitchen crée #ChefsForAmerica qui se déploie alors dans la plupart des grandes villes américaines : New York, San Francisco, la Nouvelle-Orléans. L'ONG parvient à distribuer chaque jour jusqu’à 160 000 repas (3 millions depuis le début de l’épidémie). 

Andrés s’est aussi fixé pour but de venir en aide au secteur de la restauration, à l’arrêt depuis le début de l’épidémie. Afin que les restaurants restent ouverts, il leur commande des plats à dix dollars, que ses équipes livrent ensuite dans les quartiers défavorisés.

Il a dit

En ces temps de pandémie, on a la responsabilité de nourrir le plus grand nombre.

La star des chefs veut nourrir les plus démunis

Entre deux distributions, José Andrés confie, au téléphone, à France Inter : 

"Je fais cela parce que je suis chef cuisinier ! On envoie des médecins et des infirmiers après un ouragan pour soigner les gens. Des architectes pour reconstruire les maisons. Alors c’est normal que les chefs s’impliquent quand il s’agit de nourriture." 

"En temps normal, je nourris ceux qui ont les moyens de venir dans mes restaurants. Et oui, mon rêve est toujours de devenir le meilleur chef au monde et un jour de décrocher trois étoiles au Michelin ! Mais je crois que nous avons aussi la responsabilité de nourrir le plus de monde possible face à une situation d’une telle urgence. Et puis, l’Amérique m’a tellement donné. La moindre des choses, c’est de rendre la pareille."

L'action de José Andrés est tellement remarquée aux États-Unis que le célèbre magazine 60 minutes sur CBS vient de diffuser son portrait.

REGARDER : 60 minutes consacré à José Andrés 

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