Chaque jour, une figure de la lutte contre le Covid-19 dans le monde. Aujourd'hui, le professeur Moussa Seydi, responsable de la prise en charge de tous les malades au Sénégal. Il s’est inspiré des travaux de Didier Raoult, l’infectiologue marseillais.

Moussa Seydi devant l'hôpital de Fann, à Dakar au Sénégal.
Moussa Seydi devant l'hôpital de Fann, à Dakar au Sénégal. © Sadak Souici

En Afrique, il compte au nombre des pionniers. De ceux qui, pour contenir la pandémie au Covid-19, ont choisi d'expérimenter, mais dans tous les cas de traiter. Dès le départ, on pouvait l'entendre asséner : "Il faut tout faire pour que la lutte contre l'épidémie réussisse." Et un mois après avoir pris en charge les premiers cas, début mars, le bilan du professeur Moussa Seydi est encourageant.

Fiche d'identité

Pour le professeur Moussa Seydi, infectiologue à l’hôpital de Fann, à Dakar,  "il faut tout faire pour que la lutte contre l'épidémie réussisse".
Pour le professeur Moussa Seydi, infectiologue à l’hôpital de Fann, à Dakar,  "il faut tout faire pour que la lutte contre l'épidémie réussisse". / Sadak Souici

Moussa Seydi, 56 ans, dirige depuis près de sept ans le centre des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann à Dakar. Cet infectiologue, qui a dédié sa vie au travail, a essentiellement œuvré dans son pays, après des études en France et aux États-Unis, et une enfance dans une région rurale du Sénégal.

Il a fait le choix de la chloroquine

Dès les premiers jours, dès les premiers cas identifiés au Sénégal, le professeur Moussa Seydi a fait le choix d’utiliser de la chloroquine pour traiter ses patients, s’inspirant des travaux de l’infectiologue marseillais Didier Raoult.

"Le traitement est à chaque fois proposé au patient; s'il accepte, un électrocardiogramme est pratiqué systématiquement", assure l'infectiologue, qui poursuit : "[Nous disons] exactement ce qu'il y a à dire, la vérité : qu'il y a des études qui ont prouvé que chez certains patients, ça peut réduire la charge virale très rapidement, [mais que] ce sont des études sur de petits effectifs et qu'il faut des études plus importantes pour valider."

"Les patients sous traitements, notamment sous traitement spécifique tel que l'hydroxychloroquine, guérissent plus vite, nous l'avons constaté", a déclaré le professeur Moussa Seydi un mois après que les premiers cas de patients infectés au Covid-19 ont été recensés au Sénégal, début mars.

Il a dit

"Ma priorité, c’est de voir et de traiter les malades avant tout. Je ne suis pas politique, les autorités me font simplement confiance."

L’infatigable rempart

Dans son pays, le professeur Moussa Seydi est devenu incontournable. Son visage s’affiche sur une dizaine de unes de la presse locale, ses anciens patients l’encensent… Peut-être parce que dès le départ, cet enfant du pays, qui a grandi à Khombole, un village rural, s’est expatrié pour étudier la médecine qu’il est revenu pratiquer au Sénégal, et est ancré ici. 

Dès le départ, l’infectiologue s’est placé en première ligne dans la gestion de l’épidémie. Déjà quatre visite dans quatre lieux différents cette semaine. Comme si la lutte contre le virus reposait entièrement sur ses épaules…  Attention, c’est un travail d’équipe, avertit le médecin.

L’homme de confiance

Une honnêteté et une rigueur que ses collègues lui reconnaissent. Sa franchise, aussi, qui lui a valu d’être entendu, jusqu’au sommet de l’État. Le médecin a l’oreille du président sénégalais Macky Sall.  Et nul, aujourd’hui, ne discute ses choix.

"Je travaille pour l'instant dans de bonnes conditions. Pour le moment, nous avons les moyens de prendre en charge les patients."

En utilisant de l’hydroxychloroquine, Moussa Seydi a certes créé l’événement, mais à ce stade de la pandémie, ses résultats sont encourageants : sur 244 cas recensés au Sénégal, 128 sont encore pris en charge, et seuls deux décès sont à déplorer.

Pour autant, avertit le professeur sénégalais, "En matière de science, la constatation seule ne suffit pas et il faut faire des recherches poussées avant de valider une attitude". 

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